Bi, pan, poly, multi: similarité ou différences ?

Note de vocabulaire : 

Dans l’usage initial et le plus courant, les suffixes –sexuel et –sexualité désignent l’attirance tout court (sexuelle et/ou romantique). Ainsi le terme « bisexuel-le » inclut aussi les personnes biromantiques dans ce contexte.

Certaines personnes dont les attirances romantiques et sexuelles ne coïncident pas (spectres asexuel, aromantique et variorientée) utilisent le modèle d’attirances séparées, c’est à dire qu’elles spécifient une orientation sexuelle et une orientation romantique (asexuel et biromantique par exemple). Pour en savoir plus sur ce modèle et les controverses liées, cliquez ici.

Par souci de simplicité, je n’utiliserai pas dans cet article le modèle d’attirances séparées, qui alourdirait énormément le texte, mais le sens le plus courant des suffixes –sexuel et –sexualité. Ainsi, bien que j’utilise le terme « bisexuel-le » je n’exclus pas du discours les personnes se définissant comme « biromantiques ». 

 

Si vous suivez un peu ce qu’il se passe dans la communauté LGBTIA+ vous devez savoir qu’il y a pas mal de nouveaux termes pour décrire des attirances à plus qu’un genre. On avait bisexuel à la base, mais maintenant on a pansexuel, omnisexuel, polysexuel (à ne pas confondre avec polyamoureuxe), ambisexuel et multisexuel. Je pense que y’en a une partie d’entre vous qui pense « je ne comprends pas les différences, je suis perdu-e », une autre partie qui pense « c’est tout pareil, ces mots sont inutiles, n’en gardons qu’un », une autre partie qui pense « il y a une réelle différence entre tous ces termes ». Bon, bah c’est un peu ces questions auxquelles cet article va tenter de répondre.

Les deux termes les plus utilisés et connus restent bi et pan. Omni, poly, ambi et multi restent des termes peu utilisés. Récemment dans les cercles militants anglophones sur Tumblr, on a tout de même vu un nouveau terme apparaître : « m-spec » pour « spectre multisexuel » censé être un terme parapluie pour unifier tout ce monde. « M-spec » est basé sur le même modèle que le terme « a-spec » pour « spectres asexuels et aromantiques ». On verra plus tard dans l’article ce que je pense de « m-spec » ou « spectre multisexuel » comme terme politique et militant.

Voyons les définitions actuelles de tous ces mots pour commencer.

 

1.    Les divers termes et leurs définitions

 

a)    La bisexualité

 

La bisexualité est surement le terme le plus large et qui possède le plus de définitions. Cet article les récapitule (https://robynochs.com/2015/10/11/the-definition-of-bisexuality-according-to-bi/) :

D’après les organisations bisexuelles, la bisexualité est :

– l’attirance envers plus d’un genre (more than one) – Bisexual Index UK, American Institues of bisexuality, Bisexual resource center USA

– l’attirance envers plusieurs genres (various) – BiNet USA

– l’attirance envers n’importe quel genre (any gender) – Toronto bisexual network

Définitions plutôt utilisées sur les réseaux sociaux militants comme Tumblr :

– l’attirance pour le même genre que soi et d’autre(s) genre(s) (same and other gender(s))

– l’attirance pour deux genres ou plus (two genders or more)

 

Dans le Bisexual Manifesto (1990) il est écrit : « La bisexualité est une identité à part entière et fluide. Ne supposez pas que la bisexualité est binaire ou duogame par nature : que nous avons deux « côtés » et que nous devons forcément évoluer avec les deux genres à nos côtés pour être des êtres humains complets. En fait ne supposez pas qu’il n’y a que deux genres. » (Notez qu’on parle donc d’inclusivité non-binaire déjà en 1990 par rapport à la bisexualité).

Sur le site de Bi’cause, le manifeste français des bisexuelles et bisexuels de 2007 définit la bisexualité comme l’attirance envers tout genre : « Nous sommes attirés affectivement et/ou sexuellement par des personnes de tout sexe et de tout genre. » Notez que la formulation « tout genre » présente une nuance sémantique ; à mon avis ce n’est pas exactement pareil que de dire « tous les genres ». « Tout genre » implique d’être attiré par « tous les genres » oui mais avec la nuance de l’être indépendamment du genre. En cela, « tout genre » se rapproche de la formulation « n’importe quel genre ».

http://bicause.fr/manifeste-francais-des-bisexuelles-et-des-bisexuels/

 

Ce qu’on retient de toutes ces définitions c’est que la bisexualité est le fait d’être attiré par plus qu’un genre. C’est la définition qui finalement englobe toutes les autres.

La bisexualité peut être l’attirance envers tous les genres ou indépendamment du genre. La bisexualité est aussi reconnu comme étant un spectre depuis longtemps : on est pas obligé d’être attiré de la même façon par tous les genres, ou d’être autant attiré par les différents genres (on peut avoir un préférence), ça peut aussi fluctuer (préférences qui changent au cours du temps).

 

Bi, pan, poly, multi: similarité ou différences ?

Le drapeau bi

 

Sur les anciennes définitions et l’inclusion des personnes non-binaires :

On voit bien qu’actuellement la bisexualité n’est pas intrinsèquement exclusive des personnes transgenres de façon générale, des personnes non-binaires ou des personnes intersexes. La bisexualité les inclut parfaitement au contraire. La bisexualité n’est ni transphobe, ni enbyphobe, ni intersexophobe en soi (ensuite certains individus bi peuvent l’être mais comme n’importe qui de n’importe quelle orientation).

Cependant, certain-e-s (souvent non-bi ou pas impliqué-e-s dans les communautés bi d’après mon expérience d’ailleurs) utilisent encore (à tord) les anciennes définitions de la bisexualité : « l’attirance pour les hommes et les femmes » ou « l’attirance pour les deux sexes/genres ». C’est vrai que ces définitions étaient utilisées par le passé, étant donné qu’on ne parlait pas de non-binarité. Néanmoins, la bisexualité contenait aussi l’idée de ne pas rentrer dans la dichotomie hétéro/gay – et d’ailleurs la communauté bi a inclut les personnes asexuelles/aromantiques par le passé. La bisexualité contenait aussi l’idée d’être attiré par n’importe quel genre – c’est juste qu’à l’époque on pensait que « les deux sexes » était une formulation qui englobait tous les genres. Sans oublier que les personnes non-binaires et l’attirance pour ces personnes n’est pas apparue par magie avec l’apparition du terme « non-binaire » mais pré-existait ceci.

 

Sur le préfixe bi :

Il y a plein de gens qui s’insurgent que « bi = 2 » donc la bisexualité est intrinsèquement binaire. Sauf qu’on l’a vu les définitions évoluent. « Octo » de octobre veut dire 8 mais c’est le 10e mois de l’année comme dirait Vesper H de la chaîne Queer as Cat. Ce reproche linguistique ne tient pas la route.

 

La définition que je défends (en tant que définition générale, après chaque personne peut définir son orientation comme bon lui semble) :

Je trouve que la définition « plus qu’un genre » ou « plusieurs genres » est la plus inclusive et elle met bien en avant les spécificités liées à la biphobie/au monosexisme (l’idée qu’être attiré par un seul genre est plus naturel et qu’être attiré par plusieurs genre n’existe pas).

Je trouve que la définition « même genre et autres genres » ne met pas bien cela avant. De plus cette définition est exclusive pour les personnes bi qui ne sont pas attirées par le même genre. C’est enbyphobe car les personnes non-binaires peuvent tout simplement ne pas avoir un « même genre » envers qui être attiré (agenre, fluide, polygenre… c’est quoi le « même genre » ?) Ensuite, la thèse du « même genre » vient à mon avis surtout du discours « SGA » (same gender attraction).

 

[Apparté sur le discours SGA :

Le discours SGA dit que pour être LGBT+/queer il faut être soit trans soit attiré par le même genre car « la communauté LGBT+ se bat contre l’homophobie et la transphobie ». Ce discours pose de gros soucis.

Déjà, on considère que la biphobie n’existe pas et que les personnes bi sont juste victimes d’homophobie (c’est à dire l’idée qu’être attiré par le même genre n’est pas naturel ou inférieur). On ne prend pas en compte les spécificités de la biphobie liée au fait d’être attiré par plusieurs genres. De plus, la définition « même + autre » force les bi à mettre en avant et prioriser leur attirance pour le même genre pour être inclus-e-s plutôt qu’à mettre en avant leur attirance pour plusieurs genres – qui va à l’encontre du monosexisme. Donc l’histoire du « même genre » est une sorte d’assimilationniste forcé des personnes bi dans le mouvement gay et d’effacement de la bisexualité. Surtout qu’il y a une longue histoire où les personnes bi ont été et sont encore considérées comme des « gay qui s’assument pas » ou alors on les considère soit hétéro, soit gay selon la personne avec qui elles sortent.

Ensuite, ça exclut évidemment les personnes intersexes qui ne sont ni trans ni attirées par le même genre et efface l’anti-intersexophobie comme une lutte légitime de la communauté LGBTIA+.

Pour finir, ça exclut toutes les personnes pas hétéro et pas attirées par le même genre. Donc les personnes bi pas attirées par le même genre comme je le disais. Mais aussi les personnes des spectres asexuels et aromantiques.

Au final, le discours SGA est une bonne forme d’exclusionnisme visant à prioriser les gay/lesbiennes. Comme d’hab quoi.]

 

Pour en revenir à mes moutons (ne les comptez pas, vous allez vous endormir, et l’article est encore long !), le discours SGA est une bonne raison pour laquelle j’aime de moins en moins la définition même genre + autres genres. De plus, « même+autre » ça fait deux, donc ça semble satisfaire les puristes de l’étymologie qui braillent que « bi = 2 » au même titre que la définition « deux ou plus » qui force à avoir le mot « deux » dedans, alors que « plus qu’un » ou « plusieurs » veut dire exactement la même chose que « deux ou plus ».

 

Quand aux définitions « tout genre » ou « n’importe quel genre » je les aime bien et je me reconnais dedans, mais elles sont juste un peu plus restrictive que « plusieurs genres » qui laisse plus de place aux personnes qui ne sont pas attirées par tous les genres ou ont des préférences. Puis j’aime bien la possibilité qu’on laisse à la bisexualité d’être un spectre. C’est politiquement important je pense, car le cœur de la biphobie va vraiment se situer sur la capacité d’être attiré par plusieurs genres et pas forcément sur combien de genres ni comment cette attirance se manifeste envers les différents genres (même si ça peut entraîner des situations spécifiques d’oppression).

 

b)   La pansexualité et l’omnisexualité

 

La pansexualité c’est l’attirance envers tous les genres ou indépendamment du genre (du grec pan = tout). L’omnisexualité est un synonyme (du latin omni = tout).

 

Bi, pan, poly, multi: similarité ou différences ?

Le drapeau pan

 

Notez que définir la pansexualité comme l’attirance envers « les femmes, les hommes et les personnes trans » est faux. Les personnes trans ne sont pas « un troisième genre à part ». Les femmes trans sont des femmes et les hommes trans sont des hommes. De plus, les personnes pansexuelles n’ont pas le monopole de la capacité à sortir avec des personnes trans. Une femme lesbienne et un homme hétéro peuvent sortir avec une femme trans. Un homme gay gay et une femme hétéro peuvent sortir avec un homme trans. Les personnes bi peuvent sortir avec les hommes trans, les femmes trans et les personnes non-binaires. Une formulation plus correcte serait donc l’attirance envers « les femmes, les hommes et les personnes non-binaires » si vous voulez.

 

Quelle est la différence avec la bisexualité alors ? Je dirais que la pansexualité est un peu plus restrictive (puisque c’est forcément tous les genres et souvent indépendamment du genre c’est à dire sans préférences) alors que la bisexualité fait plus office de terme parapluie. Les personnes bisexuelles peuvent parfaitement être attirées par tous les genres ou indépendamment du genre, mais ce n’est pas le cas de toutes. Il y a donc un recoupement entre bi et pan, et on pourrait même dire que d’une certaine manière bi inclut pan, ça dépend comment on le voit.

Le problème c’est que l’existence de la pansexualité est souvent justifiée parce que les personnes pan pourraient être attirées par les personnes trans contrairement aux personnes bisexuelles (on a vu que c’est faux) ou parce que la pansexualité se différencierait de la bisexualité parce que celle-ci serait exclusive des personnes non-binaires (on a vu aussi que c’est faux). Le terme pansexuel à justement commencé à être utilisé pour cette raison précise (inclusion des personnes non-binaires).  Au final, il n’y a pas de réelles différences fondamentales avec la bisexualité. Le problème c’est que beaucoup de personnes pan veulent absolument justifier l’existence du mot pan en se distinguant de la bisexualité en se basant sur des arguments biphobes.

 

Il y a un passage sur ce Tumblr très intéressant que j’aimerais vous traduire :

« L’identité bisexuelle et l’identité pansexuelles sont différentes :

–  La bisexualité vient d’une pensée politique basée sur l’identité sexuelle alors que la pansexualité vient d’une pensée politique basée sur l’identité de genre : parlez à une personne bi à propos de la bisexualité, elle parlera souvent de la sexualité et l’attirance et se focalisera sur la biphobie ; parlez à une personne pan de la pansexualité, elle parlera souvent des identités trans et genderqueer et se focalisera sur la transphobie.

– La définition de la pansexualité dépend souvent de la définition de la bisexualité (et, oserais-je le dire, de son rejet) : si la bisexualité est définie comme l’attirance envers les gens de plus qu’un genre, la pansexualité peut être définie comme l’attirance envers les personnes de plus de deux genres ; si la bisexualité est définie comme l’attirance envers les gens de beaucoup de genres, la pansexualité peut être définie comme l’attirance envers tous les genres ; si la bisexualité est définie comme l’attirance envers les gens du même genre + des genres différents du votre, la pansexualité peut être définie comme l’attirance indépendamment du genre. Mais : à la fois la bisexualité et la pansexualité peuvent – et ont été – définies comme toutes ces choses.

 

Et c’est bien là que réside le problème : beaucoup de pansexuel-les ressentent le besoin de définir la bisexualité comme l’attirance envers pas plus que deux genres (une définition que la plupart des activistes bisexuels sur Tumblr ont véhément réfuté) de manière à constituer une différence liée à l’attirance plutôt qu’à la politique. C’est là que tout l’effacement et la biphobie entre en jeu et où cela devient vraiment merdique, silenciant et oppressif.

Un autre problème, c’est que ce genre de dépendance entre les significations et les comparaisons efface la pansexualité comme une identité à part entière. Je voudrais croire que la pansexualité peut tenir d’elle-même sans être dépendante de la bisexualité comme ça.

(…) Mon conseil à tout le monde sur ce problème est d’arrêter de se focaliser sur les différences basées sur l’attirance entre la bisexualité et la pansexualité : aucune des deux ne peut être définie de façon à mettre tout le monde d’accord. En même temps, je conseille aussi d’arrêter de définir les identités des gens à leur place : iels peuvent très bien le faire euxe-mêmes.

(…) Vraiment mon rêve à ce propos serait d’avoir un super mouvement bi/pan brillant pour faire une super révolution bi/pan brillante avec. La solidarité pour toustes. »

https://radicalbi.wordpress.com/2011/10/17/some-differences-and-similarities-between-bisexuality-and-pansexuality/

 

c)    La polysexualité, la multisexualité, l’ambisexualité

 

Polysexualité : attirance pour plusieurs genres ou beaucoup de genres mais pas forcément tous (du grec poly = beaucoup). Aussi définit comme l’attirance pour de multiples genres. Parfois défendu comme un terme parapluie pour bi et pan. Dans la pratique souvent utilisée pour signifier l’attirance envers plusieurs genres mais pas tous.

La différence avec la bisexualité ? Ben il n’y a pas vraiment de différences. D’autant plus qu’on précise que c’est plusieurs mais pas forcément tous, donc ça traduit aussi l’idée d’un spectre.

 

Bi, pan, poly, multi: similarité ou différences ?

Le drapeau poly

 

Multisexualité : attirances pour de multiples genres (du grec multi = nombreux, divers). Aussi définit comme l’attirance pour plus qu’un genre. Récemment défendu comme terme parapluie pour bi, pan, poly (on parle de « m-spec » pour « spectre multisexuel »).

La différence avec la bisexualité ? Encore une fois, il n’y pas vraiment de différences comme vous pouvez le constater.

 

Ambisexualité : synonyme de bisexualité, basé sur le préfixe latin ambi qui veut dire les deux à la fois (comme dans ambidextre) et ici traduit l’idée d’ambiguïté.

Autant entre bi et pan on pouvait voir que bi était plus large que pan, mais ici on joue surtout sur les préfixes, les étymologies, les formulations… C’est surtout une question de préférence personnelle finalement.

 

D’après ce Tumblr, voici les raisons pour lesquelles les gens peuvent préférer un terme ou l’autre :

« Les raisons pour lesquelles quelqu’un peut préférer s’identifier bi :

– la communauté est plus large et plus politiquement active

– iels sont attiré-e-s par des caractéristiques différentes chez les différents genres (…)

– iels ont une préférence pour un genre

– les personnes trans et/ou non-binaires peuvent s’identifier bi pour combattre l’idée que la bisexualité est exclusive des personnes trans et/ou non-binaires

 

Les raisons pour lesquelles quelqu’un peut préférer s’identifier poly :

–  pour être sûr-e que les gens sachent tout de suite qu’iel sont attiré-e-s par certains ou tous les genres non-binaires

–  iels veulent attirer l’attention sur l’existence de multiples genres

Les raisons pour lesquelles quelqu’un peut préférer s’identifier pan :

– iels n’ont pas de préférence

– iels sont attiré-e-s par les mêmes caractéristiques envers tous les genres

– iels veulent que les gens sachent qu’iels sont attiré-e-s par tous les genres

– la communauté pansexuelle est généralement moins politisée »

http://bi-privilege.tumblr.com/idingasbipolyorpan

 

2.     La bataille linguistique

 

Maintenant qu’on est au point sur les définitions, je vais entrer dans le sujet de la bataille linguistique dont j’ai déjà un peu touché un mot dans la partie précédente au fur et à mesure.

Le problème n’est pas qu’il existe des synonymes ou des mots similaires (on l’a vu, il existe des raisons pour préférer tel ou tel terme). Il y a surtout deux problèmes lié à ce qui suit en fait :

 

a.     La biphobie inhérente à la bataille linguistique 

Les personnes attirée par plus qu’un genre mais qui s’identifient à un autre mot que bisexuelle justifient souvent l’existence de leur étiquette en voulant absolument se distinguer de la bisexualité ce qui mène à de la biphobie et de l’effacement de la bisexualité. Par exemple, les personnes pan vont souvent dire des trucs du genre : « je suis pan car je suis attiré par tous les genres alors que bi c’est que deux genres » ou « je suis pan car la bisexualité n’est pas inclusive des personnes trans ». Ces deux affirmations sont fausses, on l’a vu.

Il y a notamment dans la communauté pan une tendance à penser que son orientation est mieux que celle des autres, qu’on est plus déconstuit-e et inclusif-ve et qu’au contraire les bisexuel-les sont de méchants transphobes. Assez ironique comme situation alors que je vois encore régulièrement la pansexualité définie comme l’attirance pour « les femmes, les hommes et les trans »… comme si la communauté pansexuelle était immunisée à la transphobie (spoiler : non). Bref, ces attaques contre la bisexualité deviennent fatigantes (je ne dis pas que c’est l’apanage de toutes les personnes pansexuelles mais c’est récurrent).

C’est particulièrement révoltant quand cette façon de penser et ces attaques amènent des personnes bisexuelles à laisser tomber leur étiquette. Il y a par exemple des personnes qui se font crier dessus quand elles disent qu’elles sont bisexuelles et se font dire qu’elles ne sont pas inclusives de la non-binarité etc. alors elles commencent à utiliser le mot pansexuelle ou plus d’étiquette du tout. Dans d’autres cas, quelqu’un dit « je suis bisexuel-le. Je suis attiré-e par les hommes, les femmes et les personnes non-binaires » et les gens s’empressent de lui répondre « tu peux pas être bisexuel-le si tu es attiré-e par les personnes non-binaires, tu dois t’identifier pansexuel-le » – ajoutons que cela instrumentalise les personnes non-binaires contre la communauté bi et ça craint.

Il y a aussi un phénomène où certaines personnes vont chercher à se détacher le plus possible de la bisexualité par biphobie intériorisée et refuser l’étiquette bisexuel-le pour adopter un autre terme similaire. Parce qu’historiquement, les gens ont toujours été frileux à utiliser ce terme à cause de la biphobie donc c’est dans la continuité.

Personnellement, je connaissais d’abord le terme bi, puis quand j’ai entendu parler du terme pan, comme pas mal de monde on m’a vendu que c’était plus inclusif et j’ai commencé à utiliser plus le terme pan (toujours en conservant bi). Puis au fil du temps je me suis plus renseigné sur tout ce débat et réalisé que la bisexualité n’était pas moins inclusive. Pour des raisons personnelles, politiques et historiques, je préfère le terme bi. Personnelles parce que c’est le premier terme que j’ai connu et j’ai dû m’accepter avec donc c’est plus empouvoirant de l’utiliser pour moi. Politiques et historiques car la communauté bi a de longues années d’activisme et d’histoire riche derrière elle et que je valorise cela. Parallèlement, les attaques biphobes étant récurrentes, j’ai utilisé de moins en moins le terme pan pour moi-même mais je continue à l’utiliser dans certaines circonstances quand je veux préciser vraiment l’attirance indépendamment du genre.

Je pense qu’il serait donc nécessaire qu’on reconnaisse enfin qu’il n’y a pas de différences fondamentales* entre bi, pan, etc. et qu’on accepte de dire «  je m’identifie pan, c’est similaire* à bi mais je préfère pan pour x raisons » plutôt que « je m’identifie pan car la bisexualité est transphobe » (ce qu’elle n’est pas).

 

*Dire qu’il n’y a pas de différences fondamentales ou que c’est similaire ne signifie pas que c’est exactement identique à tout point de vue, car comme on l’a dit il y a des nuances sémantiques et des raisons politiques et personnelles pour s’identifier plutôt l’un que l’autre (ou on peut s’identifier les deux d’ailleurs !)

 

b.     Le besoin d’une unité politique

Le deuxième problème lié à cette bataille linguistique, c’est qu’on s’éparpille à se tirer dans les pattes. C’est exactement ce qui arrange le monosexisme parce que pendant qu’on se divise et qu’on colporte des idées biphobes, on ne lutte pas efficacement contre lui. Il faut un terme qui nous unifie et qui soit politiquement fédérateur. Parce que dans une lutte sociale, on a besoin de vocabulaire. Ca n’empêche pas les un-e-s et les autres de s’identifier pan, poly, etc. mais il faut un mot parapluie.

A l’heure actuelle, c’est plutôt le terme bisexuel qui sert ce but. C’est le terme le plus connu, il y a des associations à son nom et des évènements comme la journée de la bisexualité etc. Et il fonctionne plutôt bien ce terme bisexuel. En effet, sa définition générale est inclusive et large (plus qu’un genre/plusieurs genres) et la notion de bisexualité comme spectre est déjà acceptée, notamment le fait qu’on peut avoir des préférences ou que ça fluctue. Le fait qu’il existe plusieurs formes de bisexualité est quelque chose d’acquis je pense dans le mouvement bisexuel. De plus, comme je le disais, le mouvement bisexuel a derrière lui des années d’activisme.

Remplacer ce terme me semblerait très compliqué déjà parce qu’il faudrait tout renommer (les associations etc.) On perdrait la demi-visibilité durement acquise et on mettrait à la poubelle des années d’activisme (sachant que la visibilité bi est un des problèmes principaux de la biphobie). De plus, aucun terme proposé jusqu’ici comme terme parapluie ne remplit un rôle que bi ne remplit pas déjà. Ni polysexuel ni multisexuel n’ont réellement d’avantage par rapport à bi – si ce n’est une question de préfixe qui à mon avis n’est pas si importante car comme on l’a vu les définitions des mots évoluent. On n’aura jamais un mot parfait mais changer bisexuel pour un autre terme parapluie couterait beaucoup plus que ça ne rapporterait.

Je ne suis donc pas franchement pour la terminologie « m-spec » basée sur le même modèle que « a-spec » parce que l’histoire bisexuelle est différente de l’histoire asexuelle/aromantique, et que les communautés asexuelles et aromantiques sont beaucoup plus jeunes. En plus, je trouve que « m-spec » fait très jargonnant, est compliqué à dire et pas très limpide pour des non-initié-e-s.

J’ai pourtant défendu auparavant l’utilisation du terme multisexuel comme un parapluie pour bi, pan et poly. Comme quoi on change d’avis dans la vie. C’est plutôt une bonne nouvelle que nos opinions soient capables d’évoluer d’ailleurs.

 

Résumé :

*Il n’y a pas de différences fondamentales entre la bisexualité, la pansexualité, la polysexualité et la multisexualité. La volonté de distinguer absolument tous ces termes entraîne de la biphobie et de l’effacement de la bisexualité. On devrait plutôt reconnaître que tous ces termes sont similaires et défendre le droit de chacun-e de s’identifier individuellement selon ses préférences sans policer les autres, en particulier les gens qui préfèrent s’identifier bisexuels.

*On a besoin d’un terme unificateur sur le plan politique pour lutter contre le monosexisme/la biphobie. La bisexualité est un bon terme parapluie pour décrire les attirances envers plus qu’un genre pour des raisons de définitions mais aussi historiques et politiques.

 

Sources et lectures supplémentaires:

http://juliaserano.blogspot.fr/2012/11/bisexuality-and-binaries-revisited.html

http://www.thescavenger.net/sex-gender-sexual-diversity/glb-diversity/467-bisexuality-does-not-reinforce-the-gender-binary-39675.html

https://radicalbi.wordpress.com/2011/02/22/words-binary-and-biphobia-or-why-bi-is-binary-but-ftm-is-not/

https://radicalbi.wordpress.com/2011/10/17/some-differences-and-similarities-between-bisexuality-and-pansexuality/

http://theroguefeminist.tumblr.com/post/54560123860/bisexuality

http://bi-privilege.tumblr.com/idingasbipolyorpan

http://uniqueensongenre.eklablog.fr/histoire-des-communautes-asexuelle-et-aromantique-a128289360 

https://www.youtube.com/watch?v=uxRrbPu7du4 (VOSTFR)

http://queerascat.tumblr.com/post/73798199610/im-not-trying-to-be-offensive-or-anything-like

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8 commentaires sur “Bi, pan, poly, multi: similarité ou différences ?

  1. Bonjour, merci pour cet article. Il manque un hyperlien ici : « Certaines personnes dont les attirances romantiques et sexuelles ne coïncident pas (spectres asexuel, aromantique et variorientée) utilisent le modèle d’attirances séparées, c’est à dire qu’elles spécifient une orientation sexuelle et une orientation romantique (asexuel et biromantique par exemple). Pour en savoir plus sur ce modèle et les controverses liées, cliquez ici. » la pansexualité étant une attirance envers des personnes indépendamment du genre, c’est à dire quel que soit leur genre, non seulement cela n’implique pas qu’il n’y ait pas de préférence (et comment définir la préférence ? Est-ce une histoire de statistiques individuelles, est-ce fondé sur un ratio entre les genres des personnes desquelles on tombe amoureuxe ? ça me semble plutôt artificiel, et soumisà variation au cours d’une vie !) mais en plus ça n’implique pas forcément qu’il faille être tombé amoureuxe de TOUS les genres (c’est une définition assez irréaliste, étant donné qu’on a vraisemblablement même pas fini la typologie des genres).

    Par la suite vous écrivez : « Au final, il n’y a pas de réelles différences fondamentales avec la bisexualité. Le problème c’est que beaucoup de personnes pan veulent absolument justifier l’existence du mot pan en se distinguant de la bisexualité en se basant sur des arguments biphobes. » ; il me semble que vous démontrez que les termes sont dans le fond, des synonymes, le terme de bisexualité étant le terme historique, auquel a été artificiellement opposé par la suite le terme de pansexualité, pour supprimer la dichotomie du préfixe « bi-« .

    Vous écrivez aussi « Un autre problème, c’est que ce genre de dépendance entre les significations et les comparaisons efface la pansexualité comme une identité à part entière. Je voudrais croire que la pansexualité peut tenir d’elle-même sans être dépendante de la bisexualité comme ça. » ; mais là encore, vous avez démontré que les termes sont synonymes et que le terme pansexualité ne recouvre en réalité pas plus (ni moins, et cette fois c’est moi qui l’affirme) de situations que le terme bisexualité.

    Pour conclure, je vous suis entièrement là dessus :  » « je m’identifie pan, c’est similaire* à bi mais je préfère pan pour x raisons » plutôt que « je m’identifie pan car la bisexualité est transphobe » (ce qu’elle n’est pas). ».
    En effet je m’identifie pan, et en effet la première raison pour laquelle je l’ai fait, par méconnaissance, était celle de la supposée transphobie du terme bisexualité. Je continue de préférer et d’employer le préfixe pan- , parce que je le trouve plus clair dans sa signification, et aussi plus élégant, et que c’est comme ça que j’ai commencé à me définir. Mais je ne considère plus qu’il y ait une réelle différence entre bi- et pan-, dans le fond, et s’il faut défiler sous une bannière, je veux bien que ce soit la bi-.

    J'aime

  2. (je me rends compte qu’une partie de mon commentaire n’apparaît pas, vers le début, du coup c’est un peu le bordel, désolée ! je disais que votre article m’avait permis de comprendre le terme « bisexualité » que j’avais mal perçu pendant longtemps. Mais que je relevais quelques points avec lesquels j’étais en désaccord ou qui me semblaient apporter de la contradiction au sein du texte. La première citation a sauté, je recommence donc mon copier-coller.

    Vous dites « La pansexualité c’est l’attirance envers tous les genres ou indépendamment du genre (du grec pan = tout). »
    puis
    « Je dirais que la pansexualité est un peu plus restrictive (puisque c’est forcément tous les genres et souvent indépendamment du genre c’est à dire sans préférences) »

    Il me semble qu’il y a une contradiction sur la définition du terme pansexualité. En effet, la pansexualité étant une attirance envers des personnes indépendamment du genre, c’est à dire quel que soit leur genre, non seulement cela n’implique pas qu’il n’y ait pas de préférence (et comment définir la préférence ? Est-ce une histoire de statistiques individuelles, est-ce fondé sur un ratio entre les genres des personnes desquelles on tombe amoureuxe ? ça me semble plutôt artificiel, et soumisà variation au cours d’une vie !) mais en plus ça n’implique pas forcément qu’il faille être tombé amoureuxe de TOUS les genres (c’est une définition assez irréaliste, étant donné qu’on a vraisemblablement même pas fini la typologie des genres).

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    1. Certaines personnes pansexuelles ont une préférence, d’autres n’en ont pas. Ca dépend un peu de comment chacun-e préfère utiliser les termes bi, pan, etc. C’est pour ça que je dis bien « souvent » mais n’en fait pas une généralité non plus.
      Pan ne dit pas qu’il faille être tombé amoureux de tous les genres, mais qu’on a la *capacité* d’être attiré par tous les genres. Ca ne veut pas dire que ça a été « vérifié » en pratique.

      Alors oui je comprends pourquoi tu as cru qu’il y avait une contradiction entre pan = attirance envers tous les genres et le fait que je dise que c’est plus restrictif que la bisexualité. En fait je parle juste d’un point de vue définition. Bi = deux genres ou plus, donc bi est un terme qui englobe plus de variations que le terme pan. Autrement dit, bi est un parapluie, pan est plus précis.

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  3. Bonjour, d’abord merci pour cet article très documenté, qui explique de façon exemplaire et très détaillée pourquoi la bisexualité n’est pas enbyphobe (ou transphobe), je n’hésiterai pas à le faire circuler pour combattre ces préjugés.

    En revanche, en ce qui concerne la pansexualité je trouve qu’on reste un peu sur sa faim et que le sujet est traité de façon incomplète et pouvant potentiellement conduire à une mauvaise interprétation. Pour poser le contexte, je suis pan, et depuis peu également co-présidenx de Bi’Cause. Techniquement, je suis en accord avec absolument tout ce que tu écris; je suis bien au courant de toutes ces dérives et querelles de vocabulaire, et que certaines personnes s’identifiant comme pan le font en raison de préjugés faux sur une supposée transphobie ou enbyphobie des bisexuæls. Mais à mes yeux al s’agit bien de dérives et de comportements de *certaines* personnes, pas « beaucoup » ou « souvent » comme je le lis dans ton texte. Al est parfaitement possible de définir la pansexualité indépendemment de la bisexualité, et sans insinuer qu’elle serait plus inclusive ou établir une quelconque hiérarchie de valeur entre. Je sais bien que ton texte ne dit pas le contraire, et il dénonce des problèmes réels, mais il met tellement l’accent sur ces problèmes à l’exclusion du reste qu’on pourrait excuser lu lectaire de penser que la pansexualité se résume à cela, et en ressortir avec une opinion panphobe.

    Car:
    – Penser que les personnes pan se définissent ainsi forcément parce qu’elles se pensent meilleures ou plus inclusives que les personnes bi ou pensent que la biphobie est transphobe ou enbyphobe, c’est panphobe.
    – Croire que touz les pan se définissent pan parce que les bis n’intégreraient pas les personnes trans même binaires – ce qu’on entend aussi – et qu’al faudrait une autre orientation incluant « les trans », c’est les accuser de faire des distinction de genre qui n’ont pas lieu d’être entre personnes trans et cis, et donc de la transphobie, ce qui est panphobe (désolæ si ça paraît tiré par les cheveux ou difficile à suivre mais c’est un cas réel de panphobie que j’ai subi).

    Je ne pense pas que ton texte insinue aucune de ces choses à dessein, et encore moins que cela soient tes opinions, mais il pourrait tout à fait être interprété en ce sens par quelqu’an cherchant des réponses rapides ou ayant déjà des préjugés. Ce n’est pas juste les bisexuæls qui souffrent de ces définitions abusives et transphobes, ce sont les pansexuæls aussi, et plus largement toute la communauté.

    Aussi la définition « être attiræ par les femmes, les hommes et les personnes non-binaires » ne me parait pas la plus juste, car justement elle aurait tendance à influencer vers une définition de la pansexualité en opposition à une conception de la bisexualité limitée aux femmes et aux hommes, et donc reprendre les « clichés » enbyphobes que tu dénonces très justement dans le début de l’article.

    Au niveau de la pansexualité, la définition proposée actuellement par Bi’Cause est : « être attiræ par des personnes sans considération de genre ». La clef repose dans le « sans considération ». Par contraste, je connais un camarade militant qui se définit lui comme bisexuel, il dit être attiré par des personnes de divers genres, mais que ces attirances sont qualitativement très différentes en fonction du genre de la personne; il ne ressent par les mêmes désirs et ne se projette pas dans les mêmes relations. En tant que pansexuæl ce n’est pas un vécu que je partage; ça ne rend pas pour autant mon orientation plus ou moins inclusive ou meilleure d’une façon ou d’une autre.

    Je suis d’accord que la nuance est subtile, et pour moi elle existe mais est peu importante, surtout dans mes rapports avec autrui (enfin autant al peut m’être utile d’exprimer que je peux être attiræ par des personnes de toute identité de genre, j’ai rarement besoin de parler des détails précis de comment je vis mes attirances et de ce qui les distingue du vécu d’autres personnes, c’est principalement moi que ça regarde). Je ne m’offusque absolument pas qu’on me dise bi, et j’ai tendance aussi à utiliser « bisexualité » comme un terme parapluie où dans les contexte où la distinction serait non pertinente ou trop longue ou complexe à expliquer. J’ai aussi lu « les bisexualités », au pluriel pour indiquer le champ des orientations proches. J’utilise aussi parfois le terme de « non-monosexualités », qui est lourd mais a la particularité d’inclure l’asexualité, ce qui peut être utile quand c’est ce qu’on veut.

    Enfin, juste un détail au sujet du manifeste de Bi’Cause: la version que tu cites est celle de 2007, il a été refondu en 2017; la nouvelle version met notamment justement bisexualité et pansexualité davantage sur un pied d’égalité, et aussi retire toute référence au « sexe » pour ne garder que l’identité de genre. La définition actuelle de la bisexualité que nous proposons est donc « être attiræ par des personnes de toute identité de genre ». Mais je suis assez d’accord avec toi concernant les subtilités entre « plusieurs » et « tout », on a eu des discussions en interne à ce sujet récemment, et al est fort possible qu’on évolue vers une définition de type « plus d’une identité de genre »/ »plusieurs identités de genres » plus ou moins prochainement.

    (Ces définitions de Bi’Cause ne sont que des propositions de notre part, nous essyons de contribuer au travail conceptuel et de proposer des outils qui nous semblent utiles mais sans aucun désir de normativité; chacan est libre d’utiliser (ou non) le vocabulaire et les étiquettes de la façon qu’al veut. En tant qu’association luttant contre les LGBT+phobies, notre rôle est simplement de relever et de combattre les interprétations et les comportements qui pourraient être notamment biphobes, panphobes, transphobes et enbyphobes.)

    Merci pour ton blog et tes textes que j’aime beaucoup et que je suis avec intérêt,

    Alex

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    1. Bonjour, merci pour ce long commentaire qui apporte un éclairage supplémentaire 🙂 En effet, je n’ai pas l’intention de sous-entendre que ces dérives concernent toute la communauté pan. Cela fait longtemps que je n’ai pas relu cet article, je m’y pencherai à nouveau à l’occasion. Si j’ai écris beaucoup, c’est probablement un biais d’expérience je l’admets, car je pense effectivement que ça dépend des milieux. Surtout en ligne il y a plus de dérives (ou c’est plus visible). Je me demande si elles concernent plus les milieux anglophones ? En tout cas, je pense qu’elles concernent moins les milieux irl et notamment que Bi’cause fait un superbe travail dans l’unification et la solidarité bi/pan.

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  4. Est-ce vraiment nécessaire de mettre un terme, un mot ou une définition sur une personne ? Je trouve aberrant de se définir à ce point. Tu es humaine. Tu aimes les humains. Point final! Pourquoi faire des catégories à part et diviser les gens ? Je suis une femme et les femmes ne m’attire pas. Mais jamais j’irais dire à quelqu’un  » Je suis hétérosexuelle ». Je suis humaine c’est tout. Svp arrêtez ça. Après vous êtes les premiers à crier à l’homophobie et à dire que vous êtes exclus de la société mais vous vous mettez vous-même à part en vous créant des définitions absurdes.

    Live. Love. Laugh.

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    1. Est-ce vraiment nécessaire de me dire que tu es une femme??? Arrête de mettre des mots sur ce que tu es, c’est fatiguant à la fin ! Puis je trouve aberrant de se définir à ce point. Humaine ? Après tout, tu n’es qu’un amas de cellules, que dis-je d’atomes, c’est tout, point final, arrête de vouloir diviser les particules en t’étiquetant humaine. Après vous êtes les premiers à crier « au secours les étiquettes ». Mais vous mettez autant d’étiquettes que les autres sur ce qui vous arrange. Bye.

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