Neurogenres

Certaines personnes sont neuroatypiques, c’est à dire que leur fonctionnement neurologique est différent de la norme. Il s’agit donc des personnes autistes, ayant un TDAH (trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité), bipolaires, schizophrènes, borderline, haut potentiel, etc.

La neuroatypie implique des différences sur le plan social puisque la personne concernée fonctionne différemment, ce qui peut affecter (mais pas systématiquement) le développement de son identité de genre – car le genre est une donnée sociale. Par exemple, certaines personnes autistes ont un genre qui ne peut se comprendre que dans le contexte d’être autiste, étant donné que l’autisme implique de se socialiser différemment et de percevoir le monde autrement.

Il existe aussi des personnes vivant avec des troubles tels que l’anxiété ou la dépression. Lorsqu’ils affectent durablement la personne, cela résulte en des différences sociales et de fonctionnement qui peuvent aussi jouer sur l’identité de genre – mais encore une fois, ce n’est pas systématique.

Neurogenre est donc un terme parapluie qui indique que l’identité de genre de quelqu’un est liée à un vécu neuroatypique ou avec un trouble.

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Drapeau neurogenre

 

Je vais vous présenter ci-dessous quelques exemples de neurogenres. Cette liste est la traduction de la page wikipédia https://nonbinary.miraheze.org/wiki/Neurogender et est classée par type de neuroatypie/trouble. Parfois, un genre est utilisable par des personnes ayant des neuroatypies/troubles différents, il en est alors fait mention en bleu et en italique.

 

 

  1. Neuroatypie sans classification

 

  • Genre-quoi (genderwhat) : être incapable de comprendre le concept du genre ou le fait d’avoir un genre à cause d’une neuroatypie.
  • Illusogenre : Quand tu sais que tu es un certain genre, mais il y a toujours un sentiment de « fausseté », soit dû à une neuroatypie et/ou la pression extérieure des parents, de la société, etc. Ces sentiments et/ou pressions peuvent faire partie de l’expérience de genre.
  • Ludogenre : un genre qui a un cœur, mais l’individu imite/copie les genres d’autres personnes.
  • Maestusgenre : un genre dans lequel le déséquilibre chimique du cerveau de l’individu obscurcit, masque ou bien déforme sa perception d’ellui-même et éteint sa capacité à déterminer son identité de genre.
  • Nesciogenre (définit par princetzimisce) : lorsque quelqu’un n’est pas complètement sûr de son genre car son neurotype l’empêche d’avoir une compréhension claire du concept, mais iel a un vague sens de ce que son genre pourrait être (par exemple nesciogarçon, nescioagenre…)
  • Nologenre : un terme pour les personnes neuroatypiques qui ont des difficultés à saisir le concept du genre. Distinct de nesciogenre car l’individu n’a pas de désir particulier d’explorer son genre, étant donné que le faire est particulièrement difficile dû à son incapacité à comprendre le concept du genre.
  • Vaguegenre ou genre-vague (définit par neurodivergentkin et strangledlove) : une identité de genre hautement influencé par le fait d’être neuroatypique et qui paraît indéfinissable ou définissable seulement partiellement dû au neutroype de la personne.
  • Virgenre (définit par stevenuniversequartz) : une identité de genre qui est pratiquement ou particulièrement sans-genre. Cela arrive habituellement lorsqu’il est trop stressant ou difficile d’avoir un genre. C’est une identité de genre qui est affaiblie par le stress à un point où la personne est presque sans-genre.

 

 

  1. Anxiété

 

  • Anxiegenre : un genre affecté par l’anxiété.  
  • Genre-anxieux (genderanxious) : un genre qui est indéfini car l’acte de trouver une étiquette, ou l’idée d’avoir un genre, déclenche l’anxiété. 
  • Imnigenre : un genre défini par l’anxiété. Ce n’est pas « ton genre te rend anxieuxe » mais « ton genre est l’anxiété ».  
  • Kynigenre : un genre qui ne peut être cerné dû au stress provoqué par le processus de questionnement, déclenchant de l’anxiété. Stress.
  • Pendogenre : n’être jamais satisfait•e de ton genre, peu importe à quel point l’étiquette convient, à cause des doutes que tu as sur toi-même, ce qui fait que tu cherches compulsivement quelque chose qui convient encore mieux. Perfectionnisme du genre. Troubles obsessionnels compulsifs.
  • Xumgenre (défini par by ademcshades) : n’être jamais satisfait•e de ton genre dû aux doutes constants que tu as sur toi-même ou des problèmes d’identité, ce qui fait que tu cherches compulsivement quelque chose qui convient parfaitement – pour trouver « l’unique vérité » ou « le genre » – bien que celui-ci ne sera jamais trouvé à cause de ton neurotype, car les mots ne seront jamais capable de le décrire, et/ou ses propres propriétés le rendent paradoxal. Cette fréquente anxiété et doutes donnent même à l’individu le sentiment que ce genre est imparfait. Troubles obsessionnels compulsifs.

 

 

  1. Autisme

 

  • Autigenre ou Autisme-genre (défini par autismgender et esperancegirl) : l’autisme comme tout ou une partie de l’identité de genre ; un genre qui ne peut être compris que dans le contexte d’être autiste. Lorsque ton expérience de genre est influencée ou liée à l’autisme.
  • Fascigenre (défini par autisticjakeenglish) une expérience de genre largement reliée à un intérêt spécifique autistique.
  • Genre-muet (gendermute) : une étiquette pour les personnes qui font du mutisme sélectif, ce qui décrit un genre qui peut être exprimé uniquement à certains moments, dans un environnement safe. Mutisme sélectif. 

 

 

  1. Bipolarité

 

  • Affectugenre (défini par witchtao) : un genre qui est affecté par la neuroatypie de quelqu’un et particulièrement les humeurs qui fluctuent ; par exemple, être un garçon pendant les épisodes dépressif et être plutôt demi-girl durant les épisodes heureux/maniaques. Dépression, troubles de l’humeur, personnalité borderline.
  • Cyclogenre : décrit une personne bipolaire dont l’identité de genre est lié à son type d’épisode (maniaque, hypomaniaque, dépressive, mixte, etc.) et ce qu’elle expérimente à ce moment. A noter que cyclogenre peut aussi signifier « avoir un genre qui fluctue avec le cycle menstruel » ce qui n’est pas un neurogenre.
  • Genre-brouillard/foggender (défini par autisticlynx) : un genre qui est proche d’un certain genre mais ne peut être directement appréhendé dû à un brouillard cérébral (manque de concentration ou faiblesse associée à l’hyperactivité, fibromyalgie, dépression, etc.). On peut rajouter un préfixe/suffixe : fille-brouillard, brouillard-fluide…  Brouillard mental, trouble de l’attention avec hyperactivité, dépression, fibromyalgie.
  • Lipsigenre : Un genre qui, quand on y pense, déclenche des vagues de dépression. Dépression. 

 

 

  1. Dépersonnalisation, déréalisation

 

  • Genre-nuage (cloudgender) : un genre qui ne peut être pleinement conceptualisé ou vu clairement dû à un trouble de la dépersonnalisation/déréalisation.

 

 

  1. Dépression

 

  • Cavusgenre : un genre pour les personnes dépressives. Tu ressens un genre quand tu n’es pas déprimé•e et un autre quand tu l’es. Le genre que tu ressens lorsque tu es déprimé•e peut être attaché un suffixe (cavusgarçon, cavusnonbinaire, cavusfille…) 
  • Lipsigenre : Un genre qui, quand on y pense, déclenche des vagues de dépression. Bipolarité.
  • Affectugenre (défini par witchtao) : un genre qui est affecté par la neuroatypie de quelqu’un et particulièrement les humeurs qui fluctuent ; pas exemple, être un garçon pendant les épisodes dépressif et être plutôt demi-girl durant les épisodes heureux/maniaques. Bipolarité, troubles de l’humeur, personnalité borderline. 
  • Genre-brouillard/foggender (défini par autisticlynx) : un genre qui est proche d’un certain genre mais ne peut être directement cerné dû à un brouillard cérébral (manque de concentration ou faiblesse associée à l’hyperactivité, fibromyalgie, dépression, etc.). On peut rajouter un préfixe/suffixe : fille-brouillard, brouillard-fluide…  Brouillard mental, troubles de l’attention avec hyperactivité, bipolarité, fibromyalgie.

 

 

  1. Dissociation

 

  • Divigenre : le sentiment que son genre est séparé ou divisé à cause d’un trouble de la dissociatif de l’identité. 
  • Système-genre : un genre défini comme la somme de tous les genres au sein d’un système multiple ou médian. Un genre non-binaire expérimenté par les membres d’un système multiple et/ou médian. Les autres systèmes peuvent aussi avoir des noms (par exemple les « partenaires de tête » [headmates] ont tous des genres non-binaires différents mais cherchent un terme pour décrire le genre du système comme un tout).  
  • Système-fluide : un genre qui change selon qui est à la tête.

 

 

  1. Personnalité borderline

 

  • Bordergenre ou borderfluide (défini par izayaorihahaha) : un genre fluctuant expérimenté exclusivement par les personnes borderline. Une identité de genre qu’on ne saisit pas très bien tout en expérimentant quand même un genre de degré variable, mais avoir des difficultés à le conceptualiser en une étiquette ou une identité. Avoir le sentiment de saisir des étiquettes autant que possible pour décrire un genre que l’on continue de questionner, parce que l’on continue d’essayer d’appréhender nos ressentis et par conséquent, notre ressenti du genre.  
  • Affectugenre (défini par witchtao) : un genre qui est affecté par la neuroatypie de quelqu’un et particulièrement les humeurs qui fluctuent ; pas exemple, être un garçon pendant les épisodes dépressif et être plutôt demi-girl durant les épisodes heureux/maniaques. Bipolarité, troubles de l’humeur, dépression. 

 

 

  1. Personnalité narcissique

 

  • Narkissisgenre (défini par furryhell) un genre égoïste, se voir soi-même dans une haute position ou vouloir et/ou avoir besoin d’être admiré•e. Doit être utilisé seulement par celleux qui ont un trouble narcissique de la personnalité. Le suffixe « genre » peut être remplacé par fluide, garçon, fille, non-binaire, etc.

 

 

  1. Schizophrénie

 

  • Genre-faux (genderfake) : le sentiment que ton genre fait partie de tes hallucinations ou illusions. Illusions, hallucinations.
  • Posigenre ou négagenre : le sentiment que l’identité de genre de quelqu’un est défini par ou influencé par des symptômes positifs (posigenre) ou négatifs (négagenre) de sa schizophrénie.  
  • Skizeingenre : un genre qui est fortement connecté à la schizophrénie, ou avoir un genre difficile à décrire ou à exprimer à cause de la schizophrénie.  

 

 

  1. Stress

 

  • Commogenre (défini par transmomoi) : le sentiment de n’être vraiment pas cisgenre mais d’être incapable de définir son genre à cause d’un épuisement mental. Si la personne s’identifie à un genre binaire par commodité, on peut lui rajouter un suffixe (commogarçon, commofille). Epuisement.
  • Kynigenre : un genre qui ne peut être cerné dû au stress provoqué par le processus de questionnement, déclenchant de l’anxiété. Anxiété.

 

 

  1. Trauma, PTSD (trouble de stress post-traumatique)

 

  • Caedogenre ou caedgenre : un genre qui a été « coupé » par un événement traumatique. Un genre que l’on ressentait autrefois mais qui a été endommagé ou perdu dû à un trauma.  On peut y accoler un modificateur (caedofille, caedogarçon…)
  • Corugenre ou flashgenre (défini par gmaora) : une identité de genre qui change durant ou autour des flashbacks. Flashbacks. 
  • Traumagenre, traumatgenre, trautgenre ou truautgenre (défini par furryhell) : Un genre qui varie, il peut changer beaucoup ou être inconnu, il peut juste être là ou être non-existent, etc. Peu importe ce que c’est, il est basé sur un trauma intense. Doit être utilisé uniquement par les personnes qui ont vécu un intense trauma.  
  1. Troubles obsessionnels compulsifs
  • OC-genre, O-genre, C-genre : un groupe d’identités de genre qui sont lourdement influencées ou définies par un trouble obsessionnel compulsif (TOC), des obsessions seulement, des compulsions seulement, ou à la fois des compulsions et des obsessions. 
  • Pendogenre : n’être jamais satisfait•e de ton genre, peu importe à quel point l’étiquette convient, à cause des doutes que tu as sur toi-même, ce qui fait que tu cherches compulsivement quelque chose qui convient encore mieux. Perfectionnisme du genre. Anxiété.
  • Xumgenre (définit par by ademcshades) : n’être jamais satisfait•e de ton genre dû aux doutes constants que tu as sur toi-même ou des problèmes d’identité, ce qui fait que tu cherches compulsivement quelque chose qui convient parfaitement – pour trouver « l’unique vérité » ou « le genre » – bien que celui-ci ne sera jamais trouvé à cause de ton neurotype, car les mots ne seront jamais capable de le décrire, et/ou ses propres propriétés le rendent paradoxal. Cette fréquente anxiété et doutes donnent même à l’individu le sentiment que ce genre est imparfait. Anxiété. 

 

 

  1. Troubles de la pensée

 

  • Genre-troublé (genderdisordered) : Un genre qui est lourdement influencé par, ou incapable d’être défini à cause d’une désorganisation de la pensée ou un trouble de la pensée.

 

 

 

16 commentaires sur “Neurogenres

  1. Je suis autiste, et en total désaccord avec ce principe, quoique vous en disiez.
    L’autisme (comme de nombreuses particularités neurologiques) n’est PAS un genre. C’est une particularité BIOLOGIQUE, loin d’être une construction sociale contrairement à l’identité de genre. Être neuroatypique n’a RIEN À FAIRE avec une histoire de genre.
    On en a sérieusement ras-le-cul de cette appropriation irrespectueuses de nos troubles pour en faire des identités de genre…

    Aimé par 1 personne

    1. Les autistes peuvent difficilement s’auto-approprier l’autisme… Au passage, tu n’as vraiment pas compris ce qu’était un neurogenre, puisque cette notion ne nie absolument pas la dimension biologique de l’autisme (en début d’article je parle bien de fonctionnement neurologique hein). Et si, si, l’autisme interagit avec le genre (relis l’introduction de l’article qui est on ne peut plus claire), en preuve la tonne d’études qui s’accumulent sur le sujet et le nombre très élevé de personnes trans/nb chez les autistes. Je te laisse chercher.

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      1. « Les autistes peuvent difficilement s’auto-approprier l’autisme »
        PTDR. Ceux qui ne le sont pas mais prétendent l’être, oui. M’enfin bref, continuez de mariner dans votre mauvaise foi, bon courage quand vous tomberez de très haut.

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      2. Ceux qui prétendent l’être, bien sûr, c’est bien connu, les gens s’amusent à faire semblant d’être autistes en masse, c’est super fun. #sarcasme

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  2. J’étudie depuis un bon moment sur le sujet de l’autisme et de la neurodiversité, et bien qu’il y ait effectivement des théories sur de possibles liens entre autisme et transidentité/non-binarité, c’est parce que les personnes autistes ne se conforment pas aux stéréotypes de genre la plupart du temps, mais ça, ça vient uniquement et simplement de notre « difficulté » à capter les codes sociaux. Ça ne veut pas dire pour autant que l’autisme « interagit » avec le genre au point d’être « neurogenre ». L’autisme n’est en rien une identité de genre.
    Malgré toute cette marrée d’auto-diag sur Twitter (au passage, par pitié et si vous avez au moins une once respect pour nous… attendez un peu de faire un diag’ en bonne et due forme avant de vous prononcer « autistes » comme on la TOU.TE.S fait. Certain.e.s ont été diag’ vers 40 voire 75 ans, donc booooon, quelques petites années de patience ne font pas de mal, surtout quand on se renseigne de près et objectivement auprès de CRA qui spécifient bien qu’entre 60-70% des diag’ sont négatifs, et que beaucoup d’auto-diag tombent de très haut en se rendant compte qu’ils se sont berné.e.s tout ce temps), je vois que certes, certaines personnes trans/nb sont (réellement, donc DIAG) autistes, mais je maintiens : l’autisme (ni aucune autre neuroatypie d’ailleurs) n’est PAS un genre.
    Pour ma part, la discussion est clause, mais je maintiens que je suis fatiguée de toute cette appropriation culturelle que vous faites à notre encontre pour vous sentir un peu plus « uniques ». Vous faites de l’autisme ce que d’autres ont fait avec la surdouance il y a 10 ans : aujourd’hui, tout le monde l’est en se diagnostiquant viteuf sur Internet, mais dans quelques années, y’aura un désintérêt total.

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  3. J’aime bien vous lire, je le trouve éclairant votre blog, j’aurais juste à reprocher deux aspects : le théorique et le jargonneux. Les termes « techniques » que vous employez ne se retrouvent pas dans ce que j’appellerais le « langage de terrain », il semble propre à une sphère militante plutôt minoritaire, qui a le mérite d’exister et d’agir, c’est excellent, mais où ne se retrouve pas forcément le lecteur/la lectrice « de terrain » qui est venu.e vers vous, parce qu’il/elle a ses raisons de s’être arrêtée.e sur « La vie en queer » avoir exploré moult sites et blogs sur le sujet.
    Je reviens sur ce questionnement que j’ai posé par ailleurs, dont il me semble qu’il est fondamental : il manque à votre propos quelque chose qui nous aiderait à comprendre ce qu’il en est du rapport à la relation chez les diverses identités de genre et modes d’expression genrés, sexués ou non, que vous déclinez. Comment cela se passe concrètement ?
    Je vous donne un exemple. Si je décide de m’assumer totalement, je vais sortir de chez moi en jupe et je ne ferai pas dix mètres sans avoir de gros soucis. Si en outre j’explique à une femme que je sors en jupe pour m’assumer et que cependant je recherche la compagnie féminine, ma sexualité m’y inclinant, il y a neuf chances sur dix que la dame m’envoie gentiment paître en me conseillant d’aller voir un psychiatre. J’ajoute que mes ami.e.s tomberont d’un gratte-ciel et que même s’ils ont l’esprit ouvert, ils/elles penseront que je traverse une mauvaise passe, que j’ai un gros problème. Or c’est ce que je suis au fond de moi, et depuis toujours, qui s’exprimerait à travers les attributs vestimentaires que je choisirais de porter, alors même que je m’adonne régulièrement à des tâches réputées masculines.
    Mais voilà que la question ne se pose pas pour l’amie on ne peut plus féminine et hétéro qui adore endosser un treillis et chausser des rangers. Ou cette autre amie qui arbore une coupe courte, pique ses chemises à son mari, porte des jeans, ne se maquille plus et a depuis longtemps remisé talons et escarpins dans les placards de l’oubli. – parce qu’elle se sent bien comme ça, que cela reflète sa personnalité sans que cela l’empêche pour autant se se vivre en tant que femme, épouse et mère Elle se vivent comme elles l’entendent en tant que « garçons manqués » (c’est ainsi qu’elles se décrivent, la première étant neuroatypique). Le type en jupe passera pour un travelo et/ou un déséquilibré, aura droit aux quolibets et à un traitement de faveur au commissariat et au service des urgences s’il fait une mauvaise rencontre. Et dans le contexte hyper-normé qu’est le monde réel, celui de la rue, loin du paradis numérique où tout paraît possible mais cesse de l’être dès qu’on éteint l’ordinateur, son hétérosexualité, peu importe comment elle s’exprime dans l’intimité, sera mise en doute.
    Donc c’est le rapport au réel qui me pose question, à la lecture de vos articles. Il y a un salutaire langage inclusif, il y a un jargon, des néologismes où j’avoue me perdre un peu, mais c’est ainsi quand on explore un univers non pas nouveau mais nouvellement révélé. Mais à quel moment la théorie rejoint le réel et comment ?
    La publication de témoignages vécus, aux plans du rapport à autrui et de la sexualité exprimée, illustrerait votre propos et le rendrait plus accessible – et croyez bien que je vous fais confiance pour que blog ne verse pas dans les excès constatables sur des sites « grand public » que je ne citerais pas.

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  4. Merci pour cet article très complet, encore une fois (je parcours votre site ce soir, et il m’apporte beaucoup de réponses… et aussi de questions et de chose que je ne percevais pas).

    Je précise que je suis autiste.

    Si j’en crois vos définitions, je suis Nologenre. SI j’en crois d’autres définitions sur votre site, ailleurs, je suis quoigenre (les 2 n’étant pas mutuellement exclusifs). Ce qui m’interroge, car ne comprenant pas le concept d’identité de genre POUR MOI, j’ai du mal à exprimer cette méc/incompréhension à des personnes pour qui le concept est important en terme de vécu. Je peux évidemment décider de ne pas parler de ce sujet avec ces personnes (pour ne pas heurter/blesser, ou pire). J’ai l’impression que tout explication que je pourrais donner de mon vécu par rapport à mon genre sera forcément maladroite, blessante. Si en plus je dis que mon incompréhension vient de mon neuroatypie, je fais de mon neuroatypie un argument d’autorité. Bref, je suis perdu dans comment expliquer ce que je vie.

    Auriez vous des conseils ?

    Merci d’avance

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    1. Bonjour,
      je pense justement que dire que c’est personnel et que c’est pour toi que ce concept n’a pas de sens mais que bien sûr tu honores l’identité des autres est très bien 🙂

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      1. Malheureusement cela n’a pas été le cas (cela serait pour la personne un privilège cis que de ne pas ressentir d’identité de genre mais en réalité j’en aurais une cachée)

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  5. What the fuck.

    Votre article est extrêmement irrespectueux envers les neuroatypiques. Premièrement, le terme de neuroatypie a été crée PAR les autistes, POUR les autistes, ensuite étendu aux autres troubles neurodéveloppementaux (TDAH et troubles dys). Il a été créé dans le but d’expliquer que non, notre autisme n’est pas une maladie ni un trouble psychiatrique. Neuroatypique est un mot qui est lié à neurodéveloppemental, c’est-à-dire qu’on est neuroatypique précisément parce que notre cerveau s’est formé différemment pendant notre développement intra-utérin.

    Vous affirmez pourtant que les troubles dissociatifs, les troubles anxieux, etc… et même le stress?! sont des neuroatypies. Ce sont des troubles psychiatriques (voire même dans le cas du stress un vécu universel !). Le terme de « neuroatypique » a dans l’histoire du militantisme autiste un sens précis. Merci de vous corriger si vous avez un minimum de respect.

    LES MOTS ONT DES SENS, c’est d’ailleurs pourquoi on se comprend quand on parle – merci de ne pas utiliser les mots en y attribuant un tout autre sens, celui que vous souhaitez lui donner.

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    1. J’ai bien utilisé les deux mots : neuroatypie et trouble, votre commentaire est donc tout simplement caduc.
      Ici je parle bien sûr de stress lorsqu’il est lié à un trouble, tel que le stress post traumatique, et non pas du stress quotidien lambda.

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  6. Je suis autiste et le concept de neurogenre ne me parle pas du tout. J’ai lu tout l’article et je ne comprends toujours pas comment une neuroatypie puisse avoir le moindre rapport avec le genre.

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