Transphobie dans le mouvement féministe

Il existe des personnes se revendiquant du féminisme mais qui sont extrêmement transphobes. Ce sont généralement des féministes dites radicales d’où l’acronyme TERF pour les désigner (trans exclusive radical feminist). J’aimerais vous mettre en garde sur les idées qu’elles propagent.

 

  1. Leur définition de femme

 

Dans leur idéologie, seule une personne « née femme et socialisée comme une femme » peut s’identifier femme. Ainsi, elles nient aux personnes l’auto-détermination de leur propre genre et invalident l’identité de toutes les personnes trans.

Pour elles, le genre n’est pas un « ressenti » mais une condition sociale. Ce qui en soit n’est pas faux, car quand on parle de ressenti dans la communauté trans, je rappelle qu’on ne parle pas d’une « essence mystique » mais bien de la façon dont la personne se vit en lien avec le contexte social.

Là où le bas blesse, c’est qu’elles se font des idées totalement fausses sur la socialisation des personnes trans et n’écoutent pas ce que nous avons à dire sur notre propre vécu. Si la plupart des gens assignés à un genre sont effectivement socialisés selon ce genre et s’identifient donc à ce genre, ce n’est pas le cas des personnes trans ! Les femmes trans ne sont pas socialisées comme des hommes par exemple, chose qu’elles ont répété et expliqué de nombreuses fois, mais ont toujours été silenciées.

On reviendra sur ces questions de socialisation un peu plus tard dans l’article, d’abord je vais m’attarder à dépeindre comment elles conçoivent l’existence des personnes trans.

 

  1. Leurs idées sur les personnes trans assignées garçons

 

Les personnes qui sont les plus victimes des TERF sont indéniablement les femmes trans. Elles pensent évidemment que les femmes trans ne sont pas des femmes et qu’elles font de l’appropriation en s’identifiant femme, voire ne s’identifient femme qu’aux travers des stéréotypes de genre et renforcent ainsi le patriarcat… Elles pensent qu’elles ont été socialisées comme des hommes et ont les privilèges masculins. Elles les dépeignent donc comme des prédateurs misogynes et pervers qui tentent d’infiltrer les espaces non-mixtes, voire carrément comme des violeurs. Elles sont aussi fréquemment qualifiée d’hommes « dans un état délirant » (« delusional males ») et qu’il ne faut pas entrer dans leur délire…

Un des axes du féminisme est de dire qu’il faut arrêter de réduire les femmes à leur biologie mais c’est ce qu’elles font constamment avec les femmes trans en les considérant comme rien de plus que des « pénis sur pattes » et en niant complètement leur vécu (je n’exagère même pas !) J’ai même lu certaines dire que pour être une femme et vivre le sexisme il faut être concernée par les violences reproductives (avortement, contraception, grossesse…) faites aux femmes et donc avoir un utérus. Là où ça devient complètement incohérent (si ça ne l’était pas déjà assez) c’est que des femmes cis sont stériles, nées sans utérus ou ont perdu leur utérus suite à un cancer par exemple. Si on suit leur logique, elles n’ont plus ne seraient pas/plus des femmes ? Bien sûr que si elles le sont, et d’ailleurs les TERF n’ont souvent pas de problème à les reconnaître comme des femmes, car c’est le moment où elles sortent l’argument de la socialisation (faux lui aussi, je le rappelle). De plus, les femmes trans sont pourtant concernées par les droits reproducteurs étant donnée que dans de nombreux pays (et jusqu’à très récemment en France) elles sont obligatoirement stérilisées pour changer d’état civil ! Pour finir sur ce sujet de la reproduction, on est capable de reconnaître les problèmes spécifiques des personnes ayant un utérus (qui ne sont pas toutes des femmes !) ET reconnaître aussi les problèmes spécifiques des autres. Reconnaître que les femmes trans sont des femmes n’est pas incompatible avec le fait de s’occuper des droits reproducteurs des personnes possédant un utérus. On est capable d’avoir une analyse plus complexe et plus nuancée que la dichotomie simpliste forcée par le patriarcat, je l’espère.

De plus, il faut carrément être de mauvaise foi pour penser que les femmes trans ont le privilège masculin. Les témoignages de nombreuses femmes trans et les statistiques alarmantes des violences qu’elles subissent sont suffisants pour s’en convaincre. A ce stade là ce n’est plus de la mauvaise foi mais carrément se boucher les oreilles et fermer les yeux pour ne pas avoir à reconnaître des faits qui les obligeraient à admettre que les femmes trans sont des femmes.

Pour ce qui est des personnes non-binaires amab, leur vision est assez similaire si toutefois elles en ont une vision car souvent la non-binarité n’existe même pas pour elles. Les personnes non-binaires amab ont évidemment le privilège masculin selon elles, sont nécessairement perçu-e-s comme des hommes et « physiquement comme les hommes cis », nient leur privilège, sont des imposteurices, voire juste des mecs efféminés ou des gays qui assument pas, etc.

 

  1. Leurs idées sur les personnes trans assignées filles

 

Pour elles, les personnes trans afab sont des femmes présentant une dysphorie de genre et donc un trouble mental. Voilà, voilà… Je pose ça là.

Pour beaucoup aussi, les hommes trans sont des femmes qui ne supportaient plus leur condition de femme sous le patriarcat et ont voulu y échapper en « devenant des hommes » (parce que visiblement être trans règle tous tes problèmes ! #sarcasme). Les hommes trans sont aussi perçus comme de gros misogynes qui ont rejoint l’ennemi (i.e. les hommes cis). Voire sont carrément qualifiés d’être « atteints » du syndrome de Stockholm.

Les personnes non-binaires afab sont souvent qualifiées comme des femmes qui ont tellement de misogynie intériorisée qu’elles refusent d’être des femmes et trahissent ainsi la cause féministe.

Quant aux personnes intersexes, je n’ai pas vu beaucoup de TERF qui en parlaient mais la réponse que j’aie lu quand on leur a demandé leur « avis », c’est que le discours qu’elles tiennent ne concerne que les femmes et les hommes et donc pas les personnes intersexes. Cela me laisse perplexe sachant que des personnes intersexes dont le genre est homme ou femme existent… pour le coup, on parle plus de socialisation d’un coup mais tout est réduit à la biologie. J’ai pas trouvé la cohérence du discours, il ne doit pas y en avoir…

 

  1. La socialisation

 

Revenons-en à leur conception de la socialisation. On a été assigné-e un genre à la naissance et ont a été socialisé-e comme tel-le, point final. Notez bien que : on a été socialisé-e (au passif et passé) mais on se ne socialise pas (à l’actif et au présent) pour elles. A les entendre, la socialisation est donc un processus statique et passé qui nous fige fatalement dans un état à tout jamais. On est toustes des légumes quoi. Il semble n’y avoir aucune échappatoire, aucune possibilité d’émancipation – paradoxal d’ailleurs pour des féministes de penser que les femmes ne peuvent s’auto-déterminer et prendre part active dans leur identité. Finalement, leur analyse ne propose aucune nuance.

Seulement voilà, la socialisation est un processus dynamique et complexe, on se socialise constamment, on évolue, on y prend part. S’il est vrai que la société nous met des barrières, nous limite et nous force à nous conformer, il ne faut pas non plus oublier que chaque individu est unique et sa réponse à la socialisation est susceptible d’être non conforme aux attentes – ce qui créera l’oppression à son encontre. Donc non les personnes trans n’ont pas été socialisées comme leur genre assigné, et une fois qu’on a compris ça, toutes leurs théories sur la socialisation des personnes trans s’écroulent comme un château de cartes. Écoutez nos vécus.

 

  1. Quelques exemples de propos tenus par des TERF

 

Pour finir, je voudrais vous montrer quelques exemples de propos tenus par des TERF pour vous illustrer la violence incroyable dont elles font preuve. Attention TW !

« Ce qui définit une femme, c’est le fait d’être née femelle et d’avoir été socialisée comme femme. »

 

« Cis est une insulte misogyne. »

Traduction : je ne veux pas que les personnes trans aient des outils linguistiques pour parler de leur oppression, et surtout je ne veux pas être renvoyée à mes privilèges cis.

 

« Je ne peux pas avoir le privilège cis, je suis une femme. »

Hmm, qui nie ses privilèges du coup là ? (ironie)

 

« Parler de transmisogynie est de la misogynie. »

Traduction : les femmes trans ne vivent pas la misogynie vu que ce sont des hommes prédateurs qui infiltrent nos espaces et s’approprient l’expérience des femmes et puis les femmes trans n’ont pas le droit de parler de l’oppression qu’elles vivent.

 

« Le transactivisme est misogyne. »

Traduction : les personnes trans n’ont pas le droit de lutter pour leur humanité, sinon elles sont misogynes.

 

« Les hommes ne sont pas des femmes, c’est pas en le répétant que cela changera. Oui bien sur bienveillant oui, regarde un peu le nombre de personnes qui détransitionnent et qui sont harcelées et menacées par ton milieu dégueulasse. Alors viens pas la ramener sérieusement. Votre milieu ne protège QUE LES HOMMES. Toutes les semaines des gens viennent nous voir parce que vous êtes toxiques. Vous devriez avoir honte surtout de vous en prendre aux enfants. »

Traduction : diabolisation de la communauté trans (+ très peu de personnes détransitionnent ou regrettent la transition), les personnes trans sont des pervers qui corrompent les enfants et s’attaquent à eux.

 

« Votre milieu pro-sexe, pro-choix, pro-n’importe quoi, soutient les violeurs impunément. »

Voilà, encore une TERF qui accusent les personnes trans d’être des violeurs ou de les soutenir…

 

« Le fait d’être un trans homme réglerait le problème pour moi seule mais le vrai féminisme s’occupe du collectif. » 

Une TERF qui pense que les hommes trans sont des femmes qui cherchent à échapper au patriarcat…

 

« Les femmes trans ont besoin pour se sentir femme de s’habiller dans des habits dont on essaye de se libérer, nous sommes insultées. Comme si l’identité féminine n’était que les stéréotypes nous aliénant. »

Une TERF qui n’a rien compris à ce que signifiait être une femme trans. Qui ignore l’existance des femmes trans butch. Une « féministe » qui pense qu’il est ok dans le féminisme de dire aux autres qu’iels s’habillent de manière inappropriée alors que le féminisme devrait être pro-choix, pas mettre des barrière supplémentaires.

 

« La théorie du genre c’est de la philosophie, pas la science pure. »

« La théorie du genre » est un terme utiliser uniquement par les détraqueur-euses de la transidentité, jamais par les personnes trans elles-mêmes. Puis j’aimerais bien savoir ce qu’est la « science pure ». La fausse dichotomie mâle/femelle ?

 

« Tout à l’heure j’ai encore expliqué à une de mes contacts qu’elle n’a pas besoin de devenir homme simplement car elle refuse son genre. Elle a lu mais persiste à ce que je lui trouve un prénom masculin en vue de son changement car elle sera majeure… Je pense que des queers ont parlé avec elle. » 

Ca se passe de commentaires…

 

Quelques visuels venant de la page TRANSpercer le silence :

 

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Conclusion : l’analyse simpliste et sans aucune nuance de la socialisation par les TERF ne correspond en rien aux vécus des personnes trans. La violence perpétuée par ces personnes qui refusent de nous écouter et qui se prétendent féministes est ahurissante.

Aussi, il faut avoir bien conscience que l’aliénation des personnes trans est justement un outil du patriarcat et nourrit également la misogynie. On peut le voir très facilement en observant comment l’exclusion des femmes trans est parfaitement misogyne car réduit totalement les femmes à leur biologie et nie leur auto-détermination indépendamment des hommes cis.

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12 commentaires sur “Transphobie dans le mouvement féministe

  1. hello bien expliqué ; je m’étais moi-meme insurgée contre leurs propos en des termes similaires. mais j’avais ajouter une dimension politique. Le positionnement des terfs n’étaient pas sans rappeler celui d’une extreme droite tres à droite qui financent ces mouvements soi-disant progressistes qui n’ont en réalité d’autre objectif que de renvoyer les femmes ont fin fond de leur cuisine pour « gestationner »….

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    1. Bonjour.

      J’ai arrêté de lire après le paragraphe sur les caractéristiques biologiques, qui sont des éléments nécessairement constitutifs de l’identité sexuelle. Là où une femme fait l’expérience de l’ablation de l’utérus (ou ablation du sein pour un cancer) avec les questions de la féminité qui en découlent. Une personne transgenre fait l’expérience de la transformation de ses caractéristiques sexuelles. De sorte qu’il y est des rapport d’expérience différents entre les femmes et les personnes transgenres.

      Pourquoi veulent elles absolument rejoindre une communauté (féministe) dont elles sont si éloignées par leur rapport à leur vécu? Les violences certainement communément vécues, ne proviennent pas des même causes non plus! Pourquoi rejoindre le mouvement féministe?

      J’ai donc trouvé un biais intellectuel dans votre texte,
      Il n’y a là aucun rejet ni préjugé envers les personnes transgenres, ni aucune idée d’extrême droite. Simplement une reconnaissance que deux communautés d’expériences distinctes.

      Si les personnes transgenres qui ne comprennent pas cela alors je suis plutôt d’accord avec les TERF qui vous traiter ici d’extrême droite patriarcal.

      .Enfin je rappelle que tout le jeu du patriarcat est la maitrise de la destinée des femme par l’appropriation des caractérisques et expériences féminines.
      Noyer ces caractéristiques, ces spécificités féminines et les expériences qu’elles en font (sexualité, couple, enfant) ou les réduire à l’aliénation patriarcale, c’est simplement la prolongation misogyne (quand je te possède pas je te tue) alors que le féminisme en propose l’émancipation!

      Je souhaite bonne route, bonne réflexions et paix aux personnes transgenres.

      Cordialement,
      MAPI

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      1. Tout simplement parce que les femmes trans sont des FEMMES et subissent tout autant le patriarcat que les femmes cis, même si certaines expériences diffèrent. C’est le même principe que lorsqu’une femme cis est née sans utérus, elle ne partage pas certaines expériences comme les règles ou la grossesse, mais elle reste une femme, et le sexisme l’atteint et elle est légitime dans le mouvement féministe. Il n’y a pas UNE seule expérience du vécu de femme, ils sont multiples. Le féminisme ne répond pas à UN problème, mais à DES problèmes et les femmes trans n’enlèvent rien aux femmes cis en participant aux féminisme. Il faut vraiment, vraiment, commencer à voir le féminisme comme quelque chose de multidimensionnel plutôt que comme une réponse simpliste à une réalité unique (elle ne l’est pas). Le féminisme se doit d’être intersectionnel. En fait, il faut impérativement que tu te penche sur le mythe de la féminité partagée, dont j’ai parlé dans mon article sur la socialisation (je te laisse le chercher sur le blog, tu devrais facilement le trouver avec ce mot clé).

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      2. Mapi, le seul biais qu’il y est, est le votre en voulant absolument différencier les êtres humains pour pouvoir vous designer un ennemi et faire la guerre, ce qui montre votre allégeance au patriarcat, et vous donne l’illusion d’un sens à votre existence, l’illusion d’une identité à votre être. Mais les femmes trans ont aussi des cancers du sein, ou de leur appareil génital. J’ai d’ailleurs le regret de vous apprendre que les hommes peuvent aussi avoir des cancers et ça fait tout aussi mal. Vous pouvez jouer sur le sens des mots pour tordre la réalité en pratiquant le sophisme, le terrorisme intellectuel ou/et politique, cela ne changera pas les faits. C’est pourquoi j’ai le regret de vous apprendre que les femmes ne sont pas à votre seule image, ni à la mienne. Elles ne sont pas ce que vous croyez ou voulez croire ; elles ne sont pas modelées sur votre modele ni meme le mien… Elles sont bien plus que ça : Nous somme plurielles, multidimensionnelles, autonomes et indépendantes.
        je vous souhaite de trouver la ré-inclusivité pour une humanité plus paisible.

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  2. « Votre milieu pro-sexe, pro-choix, pro-n’importe quoi, soutient les violeurs impunément. »

    Cette phrase, c’est celle qui m’a le plus choquer. L’association entre les trans, les « pro-sexe », les pro-choix et le « pro-n’importe quoi » est violente, surtout quand elle est suivie d’un (en gros), « vous êtes pro-viol »
    Ce qui m’a choquer, outre la violence transophobe c’est le caractère illogique du propos :
    On associe ici le sexe, l’avortement et le viol disant que si l’on est pour l’un, on est pour les autres.
    Comment ? Une féministe n’aimant pas son droit à l’avortement ? Sous entendant que le sexe est le mal ? Ne devrait-elle pas lutter pour la libération de la femme, son droit de disposer de son corps comme elle l’entend ? Via le sexe si elle le désire puis par l’avortement si elle ne désire pas d’enfant ?

    C’est un comble ! Refuser le droit des femmes cis et des femmes trans en même temps !

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  3. selon moi ce texte continue de s’inscrire avec des Concepts mentaux sur le genre dans une lutte de pouvoir politique/social entre clan/faction/division/etc…. ça n’a plus rien à voir avec la réalité humaine, celle de l’Être, de l’âme d’une personne en souffrance qui a besoin d’aide…

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      1. je ne parlais pas de ton texte mais celui sur le cairn où il est demandé un avis. apres ce n’est que le mien. je privilégie l’humain avant tout positionnement politique. toutes les souffrances ont besoin d’une oreille dénuée d’appriori pour calmer les colères, selon moi.

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    1. ce que je veux dire c’est dans la réalité des faits les radicales feministes renvoient les femmes trans or du spectre féminin sur l’argument de l’utérus. alors qu’elle prétendent sur le papier que le genre est une échelle entre homme et femme. et qu’il n’y a pas en réalité de genre mais il y a bien des organes sexuels. deux poids deux mesures qui renvoit systématiquement à une differenciation par l’organe et donc un clivage… permettant de maintenir l’existence du féminisme radical comme du patriarcat
      ….

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