Aromantisme et orientation relationnelle

L’aromantisme est une orientation romantique qui se définit comme l’absence d’attirance romantique pour d’autres personnes ou comme le fait de n’être attiré-e romantiquement par aucun genre.

Il existe aussi l’aromantisme gris qui se définit comme l’absence partielle d’attirance romantique, c’est-à-dire qu’une attirance romantique peut se manifester de façon très rare ou dans des conditions très précises. Les personnes grises-aromantiques sont donc plus proches des personnes aromantiques que des personnes non-aromantiques (alloromantiques). On regroupe ainsi l’aromantisme et l’aromantisme gris comme faisant partie d’un même spectre, dit le spectre aromantique ou spectre aro en abrégé.

 

Il ne faut pas confondre l’aromantisme avec l’asexualité qui est une orientation sexuelle qui se définit comme l’absence d’attirance sexuelle pour d’autres personnes ou comme le fait de n’être attiré-e sexuellement par aucun genre. Une personne aromantique n’est donc pas nécessairement asexuelle et inversement. Pour cette raison, une personne aromantique mentionnera généralement aussi une orientation sexuelle en plus de son orientation romantique (« aromantique bisexuel-le » par exemple).

 

Par ailleurs, il ne faut pas non plus confondre aromantisme et nonamorie. La nonamorie est une orientation relationnelle.

Une orientation relationnelle se définit comme le schéma relationnel dans lequel on désire évoluer. Il existe trois grands types d’orientations relationnelles. La plus connue est la monoamorie (aussi appelée monogamie) qui consiste à ne désirer qu’un seul partenaire à la fois. Il existe également la polyamorie (aussi appelé polyamour) qui consiste à désirer plusieurs partenaires à la fois, ou avoir la capacité d’avoir plusieurs relations intimes éthiques et consensuelles. Enfin, il existe la nonamorie qui consiste à ne désirer aucun partenaire.

Une personne aromantique peut être aussi bien nonamoureuse, monoamoureuse que polyamoureuse. En effet, la notion de partenaire n’implique pas nécessairement une relation romantico-sexuelle. La relation peut être sexuelle, sexuelle et amicale, queerplatonique (qui n’entre pas dans la dichotomie normative amitié/romance), etc.

Notons que la terminaison des orientations relationnelles en « -amoureuse » peut porter à confusion, voire mettre mal à l’aise certaines personnes aromantiques. Il est alors possible d’utiliser des abréviations (comme par exemple polya) ou bien des termes alternatifs (comme polyplatonique).

 

Les personnes aromantiques sont donc diverses dans leurs orientations relationnelles. Elles se trouvent face à un système social qui privilégie le fait d’avoir une unique relation romantique (amatonormativité) basée sur l’attirance romantique.

Pour certaines, l’absence de cette attirance se traduit par le désir d’avoir d’autres types de relations (queerplatoniques par exemple) tout en restant dans un cadre monoamoureux. En privilégiant une unique relation non-romantique, elles se trouvent de fait à l’encontre du système amatonormatif. Il est également possible pour une personne aromantique de s’engager dans une relation codée romantique avec un partenaire alloromantique (pas aromantique), sans pour autant ressentir d’attirance, ce qui encore une fois va à l’encontre de l’idée que le système amatonormatif se fait de l’amour. Les aromantiques qui désirent des relations intimes non-romantiques et/ou non basées sur l’attirance romantique montrent qu’il existe d’autres formes d’amour tout aussi importantes que l’Amour Romantique™ que la société nous vend sans relâche.

Pour d’autres personnes aro, l’absence d’attirance romantique se traduit par l’absence de désir d’un partenaire et donc la nonamorie. La nonamorie rejette par nature l’amatonormativité. Elle est différente du célibat temporaire dans lequel une personne n’a soit pas trouvé de partenaire, soit pas eu l’envie à ce moment de sa vie (mais en désirera un plus tard). Elle est aussi différente du célibat permanent choisi (les prêtres par exemple).

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Le drapeau nonamoureux

 

Enfin, pour certaines personnes aromantiques l’absence d’attirance romantique se traduit par un éclatement du modèle mono-normatif qui résulte en la polyamorie dont j’ai déjà longuement parlé dans l’article « ace, aro et polya : qu’avons-nous en commun ? ».

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Le drapeau polyamoureux

 

Quelque soit la façon dont les personnes aromantiques s’engagent dans un schéma relationnel, elles sortent du modèle amatonormatif. Or, le modèle amatonormatif est étroitement imbriqué avec le modèle hétéronormatif puisque la société privilégie 1. une unique relation romantique 2. qui doit être avec le genre opposé. De ce fait, l’hétéronormativité affecte aussi les personnes aromantiques qui ne peuvent satisfaire le critère 2 faute de satisfaire le critère 1. Les aro sortent de cette hétéro-norme et subissent donc l’oppression appelée hétérosexisme qui touche toutes les personnes non-hétéro – et qui prend le nom d’arophobie dans sa forme spécifique envers les personnes aromantiques. Elles sont donc légitimes dans la communauté LGBT+ et peuvent s’identifier queer.

 

A lire pour aller plus loin :

https://lavieenqueer.wordpress.com/2018/04/25/laromantisme-est-il-queer/

https://lavieenqueer.wordpress.com/2018/04/25/ace-aro-et-polya-quavons-nous-en-commun/

https://lavieenqueer.wordpress.com/2018/04/25/aromantisme-et-relations/

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