Comment avoir une bonne expérience sexuelle

Temps de lecture estimé : 6 min

Il y a assez peu d’éducation sexuelle accessible et inclusive, alors je vais essayer d’apporter ma brique à l’édifice. Cet article s’adresse à tout le monde, peu importe le genre ou l’orientation.

Protection IST/grossesse et consentement

Avant de rentrer vraiment dans le vif de l’article, je tiens quand même à faire un point qui me paraît essentiel et qui est de toute façon indispensable pour avoir une bonne expérience avec une relation sexuelle.

Je veux parler d’une part de se protéger contre les IST (Infections Sexuellement Transmissibles) et d’une éventuelle grossesse. N’oubliez pas que l’éducation sexuelle de base est hétéro-cis-centrée et qu’il est important de se renseigner car il est possible de se transmettre des IST entre deux personnes ayant une vulve (entre autres choses que vous pourriez apprendre sur le sujet). Aussi, je vous redirige déjà vers ces deux vidéos inclusives sur la protection et le dépistage.  

Va te faire dépister de Princ(ess)e LGBT
Se protéger de Princ(ess)e LGBT

Je veux aussi bien sûr parler du consentement, qui est incontournable et pourtant peu enseigné. Quelques faits de base sur le consentement :

  • Il doit être libre, éclairé et enthousiaste : si on cède après que quelqu’un ait beaucoup insisté, ce n’est pas du consentement.
  • Il peut être retiré à tout moment pour quelque raison que ce soit ou aucune raison : on peut arrêter une pratique ou l’acte à tout moment, sans avoir se justifier. On peut changer d’avis.
  • Avoir donné son consentement pour une pratique ne signifie pas consentir à une autre : on peut par exemple consentir à de la masturbation mutuelle mais pas à une pénétration.
  • Avoir donné son consentement auparavant ne signifie pas le donner aujourd’hui : on peut avoir couché avec quelqu’un auparavant et dire non ensuite. Avoir déjà couché avec quelqu’un ou avoir déjà eu une pratique avec quelqu’un ne lui donne pas un passe-droit pour recommencer si on ne veut pas. De même, être en couple avec quelqu’un ne donne aucun passe-droit pour une relation sexuelle, le consentement s’applique de la même manière.
  • Une personne trop alcoolisée, droguée, endormie ou inconsciente ne peut pas consentir !
  • Monter chez quelqu’un, porter des vêtements sexy, draguer, etc. ce n’est pas consentir à un rapport sexuel !
  • « Peut-être », ce n’est pas consentir et « Non », c’est non !
  • Au moindre doute, communiquez. Il vaut mieux être trop sûr-e que pas assez.
  • Un-e enfant ou un-e ado ne peut consentir à un-e adulte. Il est du devoir de l’adulte de ne pas engager de relation ou de refuser (oui même si l’enfant/ado fait des avances).

Ces faits sont importants à savoir pour respecter le consentement d’autrui mais aussi pour savoir quand vous avez le droit de dire non vous même.

Le consentement et la tasse de thé

Apprendre à se connaître

Tout le monde est différent, tout le monde à un corps différent, des préférences différentes, etc. A chaque nouvelle personne avec qui vous aurez des rapports sexuels, il faudra apprendre ce que cette personne aime, comment son corps réagit à tel chose, ce qui lui apporte du plaisir, etc. Et bien sûr cette personne va aussi apprendre de vous, et vous allez pouvoir construire ensemble une sexualité.

Alors bien sûr, ce que je dis ne s’applique pas vraiment aux coups d’un soir, qui peuvent être vachement cool pour certaines personnes, surtout avec l’excitation de le faire avec quelqu’un qu’on ne connaît pas très bien. Cela peut ajouter du piment. A ce moment là, je pense qu’il faut bien communiquer sur le moment pour se mettre sur la même longueur d’onde.

Autrement, dans une relation sexuelle suivie (qu’elle soit romantique ou non), on apprend petit à petit à connaître l’autre. Et il ne s’agit pas uniquement de connaître son corps, mais aussi son « esprit » et la dynamique entre vous deux (ou plus de personnes s’il s’agit de plan à trois, mais n’ayant pas d’expérience à ce niveau je vais surtout parler de sexualité à deux). Je pense qu’il ne faut pas forcément s’attendre à des choses absolument exceptionnelles dès les premières fois avec quelqu’un lorsqu’on se cherche encore (ça peut arriver, tant mieux, mais ne vous formalisez pas si ça n’arrive pas tout de suite). A mesure qu’on apprend à se connaître, ça peut devenir de mieux en mieux 😉

Si cela vous botte, il peut aussi être utile de pratiquer la masturbation en solo car cela vous permettra de mieux connaître votre corps et ce que vous aimez et ainsi de pouvoir aguiller un-e partenaire lors d’une relation sexuelle.

Laisser tomber la matrice cis-hétérosexuelle

On est habitué à la classique relation hétérosexuelle avec la pénétration d’un pénis dans un vagin. Si ça vous botte et que vous voulez que ça fasse partie de votre sexualité, c’est super, mais sinon oubliez ça. Il n’y a aucune obligation à faire du « pénis dans vagin » – déjà il n’y a même pas forcément un pénis + un vagin dans votre relation donc a fortiori y’aura pas de « pénis dans vagin »… Ce que je veux surtout mettre en relief, c’est qu’il est important d’avoir les pratiques qui font que vous vous épanouissez dans votre sexualité, même si celles-ci ne sont pas dans les conventions cis-hétérosexuelles ou ne collent pas aux rôles de genres normatifs. Un mec peut se faire pénétrer par sa meuf. Il peut y avoir une relation sexuelle sans pénétration. Sans sexe oral. Sans ceci, ou sans cela, avec ceci ou avec cela, les combinaisons sont nombreuses ! Apprenez donc à vous connaître l’un-e l’autre, tout en oubliant ces fichues normes 😉

D’ailleurs, certaines normes ou idées réductrices peuvent également exister dans des milieux queers. J’ai une fois entendu une lesbienne dire que s’il n’y avait pas de cunnilingus, ça n’était pas un rapport sexuel. Et les doigts de man partenaire sur mes organes génitaux, c’est quoi exactement ? Du tricot, peut-être ?! Ne laissez personne vous dire que vous ne faites pas vraiment du sexe juste parce que vous ne pratiquez pas telle ou telle chose. Chacun-e à sa propre définition de ce qu’iel considère comme étant un acte sexuel pour ellui et n’a pas à l’imposer aux autres. Pour moi, s’il y a des organes génitaux et du plaisir impliqués de quelque manière que ce soit, c’est une relation sexuelle.

Communiquer

Communiquer c’est essentiel pour s’assurer du consentement de san partenaire et c’est aussi essentiel pour apprendre à se connaître. La communication permet d’exprimer ce qu’on veut/aime et permet de savoir ce que l’autre veut/aime. La communication peut être verbale : « Est-ce que tu as envie que je fasse ça ? Est-ce que ça te plait ? Qu’est-ce que tu veux que je te fasse ? Est-ce que tu peux me faire ça ? » Elle peut aussi être non verbale : des gémissements de plaisir indiquent en général que ce que vous faites est plaisant. Mais attention avec la communication non verbale qui peut être mal interprétée ou être inaccessible pour des personnes neuroatypiques (notamment autistes). N’hésitez donc pas à vous parler, même pendant l’acte.

Certaines personnes peuvent penser que se parler et se demander si ça va ou si on peut faire telle ou telle chose, est un « tue l’excitation ». Mais franchement ça n’est pas le cas, il n’est pas nécessaire de poser la question comme si on était en train de faire une dissertation analytique quoi. Au contraire, ça peut être très excitant et sexy de demander à san partenaire comment iel se sent et ce qu’iel aime. Cela lui montre qu’on fait attention à iel, qu’on n’est pas concentré-e uniquement sur son propre plaisir mais qu’on cherche aussi à lui en donner. Ça construit un climat de confiance.

On peut également communiquer en dehors de l’acte, en amont et/ou en aval. En amont pour savoir ce qui plairait à la personne et en aval pour débriefer. Mais attention, s’assurer du consentement pendant reste aussi indispensable !

Le sexe n’est pas une performance

Le sexe c’est avant tout se faire plaisir, passer un bon moment. Contrairement au capitalisme, on n’a pas à être performant-e en permanence dans le sexe. Ce n’est pas une compétition. On n’a pas joui cette fois-là, on n’était pas au septième ciel ? Tant pis, on essayera la prochaine fois. Ne culpabilisez pas et ne cherchez pas toujours la performance maximale.

De même, il n’y a pas de normes en matière de fréquence des rapports. Si vous êtes plutôt du genre à avoir 4 rapports par semaine, c’est super. Mais si c’est 4 fois par mois ou 4 fois par an, c’est aussi super ! Chacun-e son rythme !

Il est également possible et normal qu’il y ait des moments dans une relation où les partenaires ont moins de libido, moins de rapports, voire plus de rapports du tout pendant une période, et ce pour diverses raisons (fatigue, surmenage, maladie, grossesse et suites de couches, juste pas envie, etc.) Le sexe n’est pas le seul moyen de rester connecter à san partenaire, on peut passer du temps de qualité  et partager une intimité autrement : activités partagées, discussions intéressantes, intimité physique non-sexuelle, etc. J’en viens donc à mon point suivant.

L’intimité physique n’est pas seulement sexuelle

Rien ne vous oblige à partager une relation sexuelle avec quelqu’un. Outre l’intimité émotionnelle et les sentiments, il y a des moments d’intimité physique qui peuvent ne pas être sexuels ! Une petite liste non exhaustive :

  • Les câlins
  • Les caresses
  • Les massages
  • Les baisers
  • Se tenir la main
  • Dormir ensemble
  • Prendre une douche ou un bain ensemble
  • Certaines pratiques du BDSM

Un certain nombre de ces éléments font partie de la sensualité (câlins, caresses…) et procurent du plaisir physique à leur manière.

On peut également combiner des éléments d’intimité physique non-sexuels à une sexualité. D’ailleurs, la plupart des rapports sexuels incluent de la sensualité.

En conclusion, outre la nécessité de se protéger contre les IST/une grossesse et s’assurer du consentement, apprendre à connaître l’autre permettra construire une sexualité ensemble. Cela demande de la communication et de s’affranchir des normes pour s’épanouir grâce ce qui nous convient à nous, au lieu d’être focalisé-e sur des choses imposées par la société hétérocissexiste. Il est aussi important de se rappeler que le sexe n’est pas une performance et qu’on n’est pas forcément à son top tous les jours. N’oublions pas non plus qu’il est possible de partager de l’intimité non sexuelle.

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