« On a perdu une lesbienne » : une rhétorique TERF

« On a perdu une lesbienne » : un rapide post sur la rhétorique TERF

> C’est quoi une TERF ? C’est l’acronyme de « Trans exclusionary radical feminist ». En gros une meuf cis qui est transphobe et instrumentalise le féminisme – et souvent aussi les luttes lesbiennes – pour promouvoir la transphobie. Si tu défends les personnes trans t’es automatiquement considéré-e misogyne et lesbophobe, pratique comme argumentaire (sarcasme). Les TERF sont aussi généralement racistes, islamophobes, etc. Le full package quoi.

> Qui est Arielle Scarcella ? Une youtoubeuse lesbienne connue pour sa transphobie, et un bel exemple de radicalisation TERF progressive. 
Son fond de commerce est un mélange de vidéos transphobes et de vidéos « d’éducation sexuelle ». En réalité ce sont des titres et des vignettes clickbait pour faire des vues et on n’apprend… rien. Du genre « une femme trans montre son vagin à une lesbienne. » Cimer, on n’a pas la même vision de l’éducation sexuelle je crois ! x)
Elle a commencé par dire des choses problématiques ça et là il y a quelques années et a refusé d’écouter les critiques de la communauté trans. Et petit à petit elle est devenue transphobe à plein temps. Elle gagne son pain à base de transphobie.
Elle se retranche sans cesse derrière 1/ je suis féministe et je défends les intérêts des femmes / des lesbiennes, si vous n’êtes pas d’accord vous êtes misogynes / lesbophobes 2/ « j’ai des ami-e-s trans qui sont raisonnables *elleux* et d’accord avec moi ». En réalité, la plupart de ses cautions trans se sont désolidarisées d’elle il y a peu (Storm Ryan, Kalvin Garrah…) Ces personnes trans là étaient souvent jeunes, d’anciennes fans d’elle, avec une audience plus petite. Scarcella se servait du déséquilibre de pouvoir dans leur relation pour leur balancer des scripts à la dernière minute sur lesquels iels n’avaient rien le droit de dire. 
Là encore ça ne rate pas : dans la vidéo dont je vais vous parler aujourd’hui, sa caution trans récite très clairement un texte avec les mots de Transphobella (pardon Scarcella).

> Entrons dans le vif du sujet : après le coming-out trans non-binaire de l’acteur Elliot Page (Juno, Inception), Transphobella s’est sentie obligée de faire une vidéo pour se plaindre qu’on avait « encore perdu une lesbienne ».

Capture d’écran de la vignette de la vidéo d’Arielle Scarcella « Ell– Page fait son coming-out trans : maintenant Elliot Page (il/iel)

Elle deadname Elliot dès le titre, commence la vidéo par « pourquoi est-ce qu’on perd toutes nos lesbiennes ? » et remet en question son identité de genre à grands coups de « *SI* il est vraiment trans ». Durant toute la vidéo, elle sort des études de son cul et déforme des statistiques (Noah Finnce en a fait une analyse).

Arielle Scarcella est devenue pire – Noah Finnce

Je vous traduis la description de la vidéo qui vaut le détour « Pourquoi perdons-nous toutes nos lesbiennes femmes biologiques ? Non-binaire, queer et d’autres étiquettes sont utilisées. Tout sauf ‘femme gay’  » J’ai un petit indice pour toi Transphobella : parce qu’Elliot Page n’est pas une femme gay. 🙄

> « On a perdu une lesbienne » (et plus généralement « on a perdu une femme/une soeur ») est de la rhétorique typique TERF lorsqu’une personne trans assignée fille à la naissance fait son coming-out. Car au lieu de comprendre ce coming-out comme le fait que la personne s’était trompée d’étiquette auparavant, cela fait comme si la personne était fondamentalement lesbienne/une femme et s’était perdue dans un « culte trans ». Alors que la personne n’a jamais été lesbienne/une femme, c’est simple pourtant. Cela positionne les TERF comme victime du « transactivisme » qui leur « vole » des « soeurs/lesbiennes ». Cela diabolise la communauté trans, la présente comme un ensemble de personnes brainwashées, embriguadées, par la « théorie du genre ». Et enfin cela positionne la personne qui vient de faire son coming-out comme victime de la communauté trans, comme une soeur lesbienne à sauver des griffes de la communauté trans. Finalement, « on a encore perdu une lesbienne » est une pente glissante vers la thérapie de conversion. Car la continuité logique serait de « récupérer une lesbienne/une soeur », « la sauver ». Bref, c’est une rhétorique dangereuse et pas anodine du tout. 

> Pour finir de façon un peu plus humoristique : je tiens à signaler à Madame Transphobella que le lesbianisme n’est pas un club sportif. Vous ne pouvez pas « perdre » une lesbienne. 🤣

UPDATE du 7/01/21 :

Arielle Transphobella, sa fixette sur les personnes trans et ses insécurités sur son identité de lesbienne, round 250:

capture d’écran dans la vidéo d’Arielle Scarcella intitulée « je suis sortie avec un homme trans : je ne suis pas une lesbienne ».

Un truc que j’ai souvent remarqué chez les TERF (transphobes sous couvert de féminisme), c’est leur insécurité profonde dans leurs propres identités. Par exemple, Arielle Scarcella et J.K. Rowling ont évoqué le fait qu’elles auraient pu se penser trans et transitionné par erreur si « le transactivisme » avait été aussi présent à l’époque où elles étaient plus jeunes car elles ne correspondaient pas au stéréotype féminin. Ici, Arielle Scarcella montre sa peur de ne pas être 100% lesbienne parce qu’elle est sortie avec un homme trans qui n’était pas out à l’époque. Qu’elle mégenre allègrement à coup de « they » (iel) et évoque dans un langage très terfique qu’il était « pleinement femelle à l’époque » donc ça va ouf, elle est bien 100% lesbienne ! (On a eu chaud, à peu de chose près, on se la tapait dans la communauté bi #humour #millièmedegré)

Bref, dans cette magnifique vidéo, elle fait de nouveau une fixette sur l’identité d’Elliot Page, remet encore son genre en question, le deadname ENCORE + des « SI Elliot Page réalise qu’il n’est pas trans en fait mais juste une lesbienne butch ». Elle a l’air de beaucoup s’inquièter que le CO d’Elliot Page remette en question l’identité de sa femme (projection de ses propres insécurités). Elle dit carrément que si la femme d’Elliot change d’identité à cause de sa transition c’est une « sorte de thérapie de conversion nouvelle vague ». Mais OMG. Ta gueule. :’)

Conclusion selon Madame Transphobella : comme Elliot Page est encore « physiquement une femme », ça va, sa femme est une lesbienne. Ouf, toutes les lesbiennes ne sont pas perdues après tout ! #sarcasme

Y’a trop de perles en 5 min de vidéo. Je sais pas comment elle en sort autant à la fois. Je vais pouvoir ouvrir une bijouterie à force de les ramasser :’)

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