« Une prof trans porte des prothèses mammaires gigantesque à un cours de menuiserie » (Canada)

Je réagis à cette vidéo de Luxander (an youtubaire non-binaire américain-e) sur le sujet.

Trans Teacher Wears Gigantic Prosthetics to Teach SHOP CLASS – YouTube

Je n’ai pas envie de mettre de photo donc vous irez voir dans la vidéo à quoi se réfère le terme « gigantesque » mais il est absolument littéral. Luxander défend globalement cette prof. Ses arguments sont les suivants :

1/ « Il y a des personnes qui ont une poitrine aussi grosse, ça s’appelle la gigantomastie, donc elle a le droit d’avoir un type de corps pré-existant au moyen de prothèses. » Considérant que la gigantomastie n’est pas un phénomène normal et cause des complications psychologiques et physiques chez les personnes concernées, cet argument est fallacieux.

2/ « Si ça dysphorie lui dit qu’elle doit avoir des seins aussi gros, alors je ne peux pas juger. » Certes, il y a des femmes trans qui ne sont pas satisfaites des résultats obtenus avec l’hormonothérapie et souhaitent une augmentation mammaire pour passer d’un bonnet par exemple A, qu’elles jugent trop discret, à un bonnet plutôt B/C/D. C’est aussi le cas pour des femmes cis qui sont complexées par une poitrine qu’elles trouvent trop petites. Sauf qu’on reste dans l’intervalle de normalité. Vouloir une poitrine digne d’une gigantomastie, cela dépasse le cadre de la dysphorie de genre à mon sens. Toute modification corporelle ne relève pas de la dysphorie de genre. Cette personne semble avoir d’autres problèmes, si toutefois son acte est de bonne foi et pas un troll pour faire le buzz (hypothèse qui reste probable). Il y a une forme d’exhibitionnisme face à des élèves mineurs (troll ou pas, le résultat est le même).

3/ « Elle devrait être tenue au même standard que les élèves donc juste cacher les tétons mais la taille n’est pas un problème. » Je doute qu’on laisse un-e élève arriver avec des prothèses mammaires si grandes de 1 ; de 2, les profs sont tenus à des standards encore plus stricts que les élèves, parce qu’iels sont des professionnel-les – et des adultes ! – contrairement aux élèves. Si elle se présentait ainsi dans son salon ou à un diner entre potes, cela ne regarderait qu’elle (et les gens qui souhaitent la fréquenter et ont le choix de le faire), mais ici on parle d’un cadre professionnel. Pire, on parle d’un cadre professionnel avec un public. Et encore pire, ce public est mineur. Un-e prof ne peut pas tout porter, tout dire, tout faire. Il y a une image à laquelle se tenir pour assurer ses fonctions d’enseignements de façon appropriée et neutre. La limite de l’acceptable est ici largement franchie.

4/ Un commentaire sous la vidéo : « On ne connait pas ses raisons donc on ne peut pas juger. » Il n’y a pas toujours besoin de connaître les raisons des gens pour juger de leurs actes. C’est le résultat qui compte ici. Peu importe ses raisons, il n’y a aucun scénario où porter des prothèses mammaires gigantesques devant un public de lycéens est acceptable.

Bref, je souhaitais réagir rapidement à cela, car je trouve inquiétant que certain-e-s militant-e-s trans justifient et acceptent tout sous couvert d’inclusivité à tout prix.   

2 commentaires sur “« Une prof trans porte des prothèses mammaires gigantesque à un cours de menuiserie » (Canada)

  1. Ce sujet m’intéresse beaucoup aussi, car nous sommes presque dans la caricature en allant dans l’extrême, et je pense qu’au contraire, cela dessert les intéressé.e.s de construire des défenses elaborées pour toutes personnes trans qui se recherchent.
    Dans le même esprit qui agasse, j’ai des amies qui se sont senties déposséder de leur identité lorsqu’elles ont vu les affiches remplaçant le mot femme par personne avec un utérus.
    Comment intégrer et accepter l’identité des uns et des autres dans la bienveillance et en blessant le moins possible chaque personne ? C’est une vraie énigme, et un cheminement de vie sans fin.

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    1. Bonjour Céline
      C’est difficile de trouver la réponse à la question d’intégration de l’identité des uns et des autres car chacun n’a pas le même ressenti.
      Peut-être c’est une question de temps, la visibilité de la transidentité étant très récente par rapport à la visibilité de l’homosexualité et de son acceptation par la société.

      Je crois que comme pour l’homosexualité quand les personnes comprennent que ce n’est pas du tout un choix d’être né.e homosexuel.le ou transgenre alors quand beaucoup de personnes comprendront ce que c’est la transidentité on ne se posera plus la question.

      Après il y a des personnes qui ne comprennent pas l’homosexualité ou la transidentité sans être homophobe ou transphobe soit par ignorance soit parce que ce n’est pas un sujet qui les concerne.
      Et qui peuvent donc être surpris par remplacer le terme personne avec utérus.
      Tout est compliqué et personne n’est ni noir ni blanc tout est gris.
      Après l’important je dirais ne se trouve pas dans la sémantique à employer pour ménager tout le monde (Ce qui tourne au ridicule ) et parfois je ne comprends pas l’acharnement de certains / certaines sur ce débat semantique comme l’écriture inclusive.
      Je trouve ça totalement contre productif.
      On perd notre énergie pour rien et il serait plus efficace de concentrer son énergie sur l’apprentissage de la tolérance et du respect mutuel !

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